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Une pétition pour dire stop à la pub pour la malbouffe à la TV

Un collectif d'associations de parents d'élèves et de défense de consommateurs souhaite interdire, à la télévision, la publicité de produits alimentaires sucrés et gras destinée aux enfants, dans un contexte où l'obésité infantile a été multipliée par 6 en France en 50 ans.
Par Sandra Coutoux
Une enfant mangeant des céréales riches en sucres
picto_1 Crédit : Providence Doucet / unsplash

Dans les années 60, l’obésité et le surpoids ne concernaient que 3 % des enfants. Ce chiffre a atteint 17 % en 2016 dans l’Hexagone. L’obésité infantile est un enjeu pour l’Organisation mondiale de la santé, qui estime que si la tendance actuelle se poursuit, le nombre de nourrissons et de jeunes enfants en surpoids atteindra 70 millions à l’horizon 2025, et 1 milliard en 2030.

Dans un monde de plus en plus urbanisé et numérisé, des habitudes alimentaires trop riches en sucres conjuguées à une faible activité physique entraînent du surpoids dès le plus jeune âge. Selon certains chercheurs, des molécules naturelles ou de synthèse présentes dans la nourriture et l’environnement perturberaient les mécanismes de régulation du métabolisme, ce qui expliquerait l’explosion des cas d’obésité au sein des pays industrialisés. Ces perturbateurs endocriniens agiraient dès le développement du fœtus et favoriserait l’obésité, explique le journaliste Yves Leers, dans son livre La fabrique de l’obésité, publié aux éditions Buchet-Chastel (en librairie le 17 septembre 2020).

Une pétition contre le marketing de la malbouffe

Selon une étude des spots publicitaires, menée par l’association UFC-Que choisir,  la « malbouffe » est présente dans près de 90 % des publicités alimentaires à destination des enfants. 88 % des publicités télévisées vues par les enfants concernent toujours des aliments particulièrement caloriques : fast-food, confiseries, chocolat, biscuits, céréales du petit déjeuner et boissons très sucrées. Des associations réclament aujourd’hui l’encadrement du marketing alimentaire et l’interdiction pure et simple des publicités destinées aux enfants sur les écrans (télévision et numérique) pour les aliments les plus néfastes pour la santé. Une pétition en ce sens vient d’être lancée.

Un enjeu de santé publique

En juin 2020, l’Agence nationale de santé publique Santé publique France a publié les résultats d’une enquête sur l’exposition des enfants et des adolescents à la publicité, et préconise de limiter les communications commerciales pour les produits à faible qualité nutritionnelle (classés D et E selon le Nutri-Score) aux heures les plus regardées par les enfants. Anne-Juliette Serry, responsable de l’unité alimentation et activité physique à Santé publique France, rappelle que « les programmes jeunesse, qui font actuellement l’objet d’interdiction de publicité sur les chaînes publiques et de mesure d’autorégulation de la part des industriels de l’agroalimentaire, ne représentent que 0,1 % des programmes diffusés et moins de 0,5 % des programmes vus par les enfants ».

Un projet de loi peu contraignant pour les industriels de l’agroalimentaire

Le 2 mars dernier, la Commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale a commencé son examen du projet de loi « Communication audiovisuelle et souveraineté culturelle ». « Aucun des nombreux amendements visant à encadrer davantage la publicité pour les produits alimentaires dans les programmes destinés à la jeunesse n’a été retenu », observe la Fédération des diabétiques de France. Les industriels de l’agroalimentaire sont juste invités à respecter des règles de bonne conduite pour « réduire efficacement l’exposition des enfants aux communications […] relatives à des denrées alimentaires ou des boissons […] dont la présence en quantités excessives dans le régime alimentaire global n’est pas recommandée », mais sans contraintes. Certains endroits du monde ont déjà pris des dispositions, plus ambitieuses comme le Québec, par exemple, qui a interdit dès 1980 toutes publicités télévisées destinées aux enfants de moins de 13 ans.

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