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Sloñ : “Ma source d’inspiration, c’est la nature”

Sa voix féérique vous embarque dans un monde où les arbres sont un refuge pour les hypersensibles. Découvrez l'univers de la chanteuse Sloñ qui puise son inspiration musicale dans la nature. À 25 ans, cette artiste "neuro-atypique" fait partie d'une génération en quête de sens et d'harmonie, dans un monde en pleine crise écologique. Entretien.
Par Sandra Coutoux
picto_1 Crédit : Sloñ

“Détruire la nature revient à se détruire soi, car nous sommes une partie d’elle”

Parle-nous un peu de ton parcours…

J’ai grandi en Lorraine dans la campagne, près de Metz, à 100 mètres d’une très belle forêt. La forêt est un réel vortex d’énergie, j’aime me raconter qu’on y trouve des fées. J’adore faire des câlins aux arbres. Quand j’étais enfant, la forêt était vraiment mon refuge, car j’avais des problèmes relationnels et des troubles de l’attention. On m’a diagnostiqué autiste Asperger, c’est un fonctionnement neuro-atypique. La nature était alors, et est toujours d’ailleurs, un endroit où je me sens libre d’exister sans devoir répondre à des attentes. Petite, j’ai commencé à chanter en reproduisant les sons des oiseaux, qui sont si beaux et si complexes. J’ai suivi des cours dans un conservatoire classique, puis j’ai intégré le cours Florent à Paris dans un double cursus musique et théâtre. En 2017, j’ai eu la chance d’être finaliste dans l’émission La nouvelle star et cela a été une belle aventure. Ma mission dans cette vie est vraiment de créer. Mon prochain single Monstre malheureux sortira d’ailleurs en juin.

Quelle est la source de ton inspiration ?

Ma source d’inspiration, c’est la nature et en particulier la forêt. Le clip de mon single J’ai fermé les yeux et j’ai tout vu (voir plus bas) a été tourné dans la forêt de mon enfance. Dans la nature, il y a de l’espace pour l’inspiration, et même si aujourd’hui je vis à Paris, j’ai besoin de revenir à son contact très souvent. Je pense que si nous avions tous un lien plus fort avec elle, nous ne serions pas en train de la détruire. Détruire la nature revient à se détruire soi, car nous sommes une partie d’elle. J’écris des chansons pour que les gens se réapproprient leur pouvoir créateur. Nous sommes nombreux et nombreuses à nous sentir inadaptés à ce monde, et cette différence est peut-être notre force. L’hypersensibilité, qui a longtemps été associée à la faiblesse, est une force. Il suffit de regarder la nature pour observer à quel point elle est vulnérable et en même temps puissante.

Pourquoi faut-il, selon toi, retrouver un lien avec la nature ?

Ce monde a besoin d’harmonie et nous avons besoin de retrouver un équilibre intérieur pour la manifester à l’extérieur. Je crois profondément que les êtres humains sont faits pour expérimenter la joie et, pourtant, ils résistent très fort au bonheur. Parfois, il faut passer par la souffrance pour comprendre la joie d’être vivant. Notre rapport au monde détermine la société. Si nous sommes de plus en plus nombreux à vivre en harmonie et à nous aimer tels que nous sommes, c’est-à-dire imparfaits et libres, alors le monde sera différent. Nous vivons une époque fascinante, car de nombreuses personnes s’éveillent et prennent conscience de l’importance de vivre en cohérence avec leurs valeurs profondes. Nous sommes de plus en plus fatigués de devoir nous battre pour rentrer dans des cases. Je suis persuadée que les hypersensibles ont un rôle à jouer dans la transformation du monde.

Pour soutenir Sloñ : écouter et télécharger ses titres sur https://ffm.to/fermerlesyeux