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S’inspirer des océans… pour innover

L’océan, et sa biodiversité, étonne et recèle bien des mystères. Ce que de nombreux techniciens, architectes et ingénieurs ont compris.
Par Philippe Lesaffre
Requin
picto_1 Crédit : Gerald Schömbs / Unsplash

Les yeux rivés sur l’océan… et ses grandes profondeurs ! Le tonnelier de mer, un minuscule crustacé, a servi de modèle à Moebius pour dessiner l’un des monstres du film Alien, réalisé par Ridley Scott en 1979. Or, le monde du cinéma n’est pas le seul à s’inspirer des océans. Architectes, techniciens et entrepreneurs observent aussi les écosystèmes marins… pour reproduire ce qui fonctionne. Avec cet objectif : concevoir des bâtiments ou des objets de manière plus résiliente, plus économe en énergie.

À Airbus ou Lufthansa, par exemple, on s’intéresse à la peau des requins, recouverte de denticules qui leur permettent de réduire le frottement lors de l’écoulement de l’eau, améliorant ainsi leur vitesse de déplacement. En ajoutant sur une aile d’avion une couche présentant les mêmes caractéristiques, on permettrait ainsi à l’appareil de consommer moins de carburant.

Un bateau imitant l’hippocampe

C’est ce genre de projets dont se fait l’écho Biomim’expo, le grand salon du biomimétisme et des innovations bio-inspirées à Paris. Ce grand raout annuel met en lumière des porteurs d’initiatives en quête de solutions durables. À l’instar de l’architecte Jacques Rougerie, qui, inspiré par les déplacements de l’hippocampe, a imaginé un vaisseau d’exploration océanique se déplaçant à la verticale. Pas encore construit (puisqu’en recherche de financements), Sea Orbiter, de son nom, devrait pouvoir flotter tel un iceberg, avec une partie sur et une autre sous l’eau.

Une pompe inspirée du dauphin

En 2018, l’entrepreneur Erik Guillemin a présenté la trouvaille de sa société Wavera : une technologie de pompe mimant le mouvement d’un dauphin pour propulser des fluides. Plus économe en énergie, plus rapide qu’une pompe centrifuge (système d’éloignement depuis un centre), sa technologie (une membrane ondulatoire) pourrait notamment servir dans le domaine médical, en cas d’insuffisance cardiaque lourde. Et ce, afin de faire circuler le sang de manière très rapide dans le corps, depuis le cœur. Autant de raisons de poursuivre l’investigation en mer pour continuer à innover.

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