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Faut-il avoir peur de la 5G ?

De nombreux maires ont demandé au gouvernement un moratoire sur le déploiement de la 5G. Ils demandent notamment un débat sur nos usages numériques.
Par La rédaction
Faut-il craindre la 5G ?
picto_1 Daria Nepriakhina / Unplash

C’est quoi la 5G ?

C’est la 5e génération de la transmission de données numériques par ondes électromagnétiques. La 5G, qui sera déployée à partir de cette année (au-delà des expérimentations des opérateurs, déjà en cours), permettra une vitesse de débit mobile pouvant atteindre 100 gigabits par seconde (un débit environ 50 fois plus rapide que celui de la 4G), avec beaucoup moins de latence.

Pour que cela fonctionne, il convient d’exploiter des fréquences utilisées par les précédentes générations de téléphonie mobile, mais également celle de nouvelles bandes de fréquences : la bande 3,5 GHz et 26 GHz pour assurer l’objectif de couverture en téléphonie mobile et d’un très haut débit dans des zones très denses localisées.

Son déploiement, de facto, favorisera le développement et l’usage de nouveaux appareils connectés dans de nombreux domaines, comme la santé (télémédecine) ou les transports, par exemple. En 2019, on avait près de 8 milliards d’objets connectés dans le monde.

Que demandent les signataires de la tribune dans Le JDD ?

Les maires écolos de grandes villes demandent au gouvernement un moratoire sur le déploiement de la 5G au moins pendant un an. Soutenus par de nombreuses personnalités de gauche, ils ont signé une tribune en ce sens dans Le JDD du 12 septembre. Ils rejoignent ainsi les recommandations de la Convention citoyenne pour le climat. Les signataires demandent « la tenue d’un débat démocratique décentralisé sur la 5G et sur les usages numériques. » Puis : « Nous demandons que la priorité soit donnée à la réduction de la fracture numérique, à travers le développement de la fibre en zone rurale et en finalisant le déploiement de la 4G. »

Selon ces maires, la technologie de la 5G aboutira, écrivent-ils, à « un ‘effet rebond’ par la hausse de la consommation de données et d’usage des télécommunications, synonyme d’une très forte consommation d’énergie par la sollicitation des antennes et des serveurs ». Ils redoutent également l’exploitation de plus de ressources naturelles non renouvelables, ainsi que la pollution due à l’extraction des métaux rares.

« Une aberration »

Une observation déjà pointée par GreenIt. « La généralisation de la 5G se traduira inévitablement par le raccourcissement de la durée de vie des smartphones 2G, 3G et 4G », croit savoir le fondateur Frédéric Bordage.

Et de poursuivre, sur Sud-Ouest : « La 5G n’aura aucun intérêt pour 99,5 % de nos usages courants. » À UP le mag, ancien nom de MOUVEMENT UP, il disait en 2019 que l’arrivée de la 5G était même « une aberration. Le seul intérêt de la 5G pour le grand public, c’est de pouvoir regarder un film en HD à 300 km/h dans un TGV ou de jouer en streaming. Est-ce réellement le monde que nous souhaitons ? »

Que dit l’Anses ?

Les signataires de la tribune, pour la plupart élus tout récemment, en juin dernier, aimeraient attendre la publication d’une vaste étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Saisie en janvier 2019 par le gouvernement, l’organisme planche sur la question et devrait rendre ses conclusions en 2021. En début d’année 2020, elle a déjà fait connaître une première partie de son enquête sur les risques sanitaires dues à l’exposition des personnes aux champs électromagnétiques émanant de la technologie 5G.

« Le travail d’identification des publications a mis en évidence, écrit l’Agence, un manque important, voire une absence de données relatives aux effets biologiques et sanitaires potentiels dans les bandes de fréquences considérées. »

Il est expliqué en effet que « les données de la recherche sur les fréquences les plus élevées entre 20 et 60 GHz sont encore peu nombreuses. L’expertise consistera ainsi à étudier la possibilité d’extrapoler les résultats des travaux antérieurs sur les risques des diverses technologies (3G, 4G, wifi) et les données de la littérature scientifique disponibles, pour les appliquer aux innovations de la 5G ».

Est-ce dangereux pour la santé ?

À noter que les champs électromagnétiques des téléphones portables ont été classés en mai 2011, par le Centre international de recherche sur le cancer, qui dépend de l’OMS, « agents cancérogènes » et qu’ils ont été considérés comme « possiblement cancérogènes pour les êtres humains».

Or, faut-il craindre le déploiement de la 5G sur notre santé ? Sur le site de l’Inserm, Yves Le Dréan, chercheur à l’Institut de recherche en santé, environnement et travail, n’a pas l’air très inquiet.

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