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Pour une dignité du sensible

TRIBUNE - Faire socle, faire culture, fabriquer du commun, irriguer les territoires, ne laisser personne au bord du chemin, toucher les personnes empêchées, autant de mots-valises et d’injonctions qui irriguent, traversent les projets des acteurs culturels aujourd’hui. Mettre dans des cases, pour mieux les cocher. Injonction d’un moule de réussite qui écrase les différences pour mieux les gommer, et stigmatise toute personne qui s’en éloignerait.
Par Jerome Naissant - Secrétaire général de GROUPE SOS Culture
picto_1 Crédit : Tim Mossholder / Unsplash

Dans un temps où « le socle culturel » apparaît menacé, tant la culture est reléguée dans des notes de bas de page des discours politiques, dans un temps où l’on revendique ce même socle culturel pour alimenter des désirs nationalistes, la démocratisation culturelle apparaît datée, voire pire, accompagne l’accroissement de fractures entre des sachants privilégiés et des personnes qu’il faudrait sauver de l’inculture.

Chacun est force nourricière d’un commun, nous avons tous à apprendre de l’autre

Depuis longtemps, le Groupe SOS travaille à l’inclusion de tous, avec pour leitmotiv que personne n’est jamais au bout de son histoire et surtout en creux, que nous faisons humanité, ensemble. L’humain est le pilier de nos sociétés. C’est dans cette droite ligne que nous travaillons au sein du secteur culture ; nous revendiquons l’expérimentation et œuvrons à notre petite échelle à rechercher et proposer des solutions.

Nous sommes un acteur privé d’intérêt général. Qu’est-ce que cela signifie ? Nous défendons l’importance d’acteurs totalement subventionnés qui portent des missions de services publics. Nous reconnaissons également la légitimité d’un secteur privé source d’innovations. Notre endroit ? Nous œuvrons à une hybridité des financements et des solutions avec pragmatisme au quotidien. Sommes-nous pour autant uniquement motivés par un exercice de rentabilité ? Nullement. Au sein de nos projets, nous visons l’équilibre, pas plus pas moins, et surtout à développer l’impact qualitatif de nos actions.

Le commun d’une société naît de la rencontre. Ce commun naît de l’imprévisibilité de cette mise en relation

Nous portons la croyance que la culture est un puissant moteur d’expression, de valorisation de soi, de transcendance. « Le commun d’une société naît de la rencontre. Ce commun naît de l’imprévisibilité de cette mise en relation. » Nous cherchons une nouvelle forme d’équilibre du commun, à donner de la voix à chacun et à la reconnaissance aux cultures de tous. Cela s’appuie à la fois sur une haute exigence artistique professionnelle et sur le développement des pratiques amateurs. Une utopie ? Peut-être, mais une force motrice d’action à la recherche de la dignité du sensible pour faire humanité ensemble.