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Patrick Atohoun : « Il faut placer l’intérêt général au cœur des politiques publiques »

Le 17 octobre, lors de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, Emmaüs International a sorti un appel "Our voices matter" pour remettre en lumière ses revendications, notamment en matière de bataille contre la misère. Mouvement UP s'est entretenu avec le président de l'ONG, Patrick Atohoun.
Par Philippe Lesaffre
Patrick Atohoun, président d'Emmaüs International
picto_1 Crédit : Luca Prestia

L’urgence sociale a succédé à la crise sanitaire. La Banque mondiale estime que 150 millions de personnes devraient tomber dans l’extrême pauvreté et plus de 500 millions de personnes vivent avec moins de 2 dollars par jour… C’est notamment en partant de ces deux constats qu’Emmaüs International a lancé, le 17 octobre, lors de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, l’appel Our voices matter (que chacun peut signer).

L’occasion de rappeler, haut et fort, quelques revendications du mouvement fondé par l’abbé Pierre en 1971. « Nos voix comptent, précise Patrick Atohoun, le président – depuis 2016 – d’Emmaüs International, interrogé par Mouvement UP, et la pauvreté n’est pas une fatalité. »

Pour lui, il est tout à fait possible de batailler contre la pauvreté, à condition « d’agir sans attendre ». L’association demande à ce que l’on intègre véritablement les personnes vulnérables, en somme à ce qu’on leur crée « une place à part entière dans la société ». Cela veut dire : les « écouter, leur tendre la main », et parvenir, au final, comme le précise Patrick Atohoun, à « véritablement placer l’intérêt général au cœur des politiques publiques » et à « donner une place forte à l’économie éthique et solidaire ».

Initiatives solidaires

Concrètement, ajoute-t-il, cela consiste à « lutter contre les inégalités entre les femmes et les hommes », encore criantes dans le monde, à faire face à l’urgence climatique. Mais aussi à faire en sorte que chacun ait « accès aux droits fondamentaux », et notamment à une « éducation qui les aide, toutes et tous, à s’épanouir dans toutes les dimensions, y compris les dimensions culturelle et politique ».

Des paroles aux actes. Emmaüs International a sorti, aussi ce 17 octobre, un rapport visant à mettre en avant des exemples d’initiatives solidaires dans le monde répondant aux défis du XXIe siècle. Il y a notamment celle du groupe Emmaüs de Recife, au Brésil, qui dispense des cours d’éducation politique, ou encore le projet garantissant à près de 100 000 Béninois eau potable et assainissement. « Un modèle de gestion participative », valorisé par Emmaus International.