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Natives, la revue des peuples racines

Natives est un nouveau magazine trimestriel qui met en lumière la voix des peuples autochtones, derniers gardiens de la biodiversité à travers la planète. Entretien avec Jean-Pierre Chometon, le directeur de la publication.
Par Sandra Coutoux
Peuples racines
picto_1 Crédit : Marc Dozier

Comment est née l’idée de ce magazine consacré aux peuples autochtones du monde ?
La création de ce média est une aventure collective menée par des personnes partageant des valeurs communes et un engagement de longue date, soit auprès de peuples racines, soit autour de causes environnementales, voire les deux. Personnellement, je suis passionné par la culture de ces peuples racines depuis l’adolescence. Pendant 20 ans, j’ai été investi dans une ONG qui vient en aide au peuple Kogi, en Colombie. Il y a deux ans, je me suis demandé s’il existait un média grand public d’informations, de réflexions et d’actualités autour des peuples autochtones et je n’ai rien trouvé. J’ai appelé quelques personnes que je connaissais et une équipe s’est constituée autour de la création d’un magazine papier, Natives. Le premier numéro sort d’ici début juillet. Nous avons également créé un site internet avec du contenu vidéo et des articles en ligne. Ce site a aussi pour vocation d’être un portail au service des communautés autochtones, on pourra y trouver différents programmes d’accompagnement et  de soutien.

Quels sont les sujets qui vont être traités dans ce magazine ?
Natives est une revue trimestrielle disponible uniquement sur abonnement. Pour le premier numéro, par exemple, nous allons proposer un cahier central de 50 pages consacré à la forêt. En septembre, le thème du dossier sera les femmes et le numéro trois, le chamanisme. Nous proposons des interviews (pour le numéro un : Pierre Rabhi et Davi Kopenawa, le prix Nobel alternatif), des sujets d’actualité, et des chroniques d’experts. Dans ce numéro, nous abordons l’impact de la pandémie du Covid-19 sur ces peuples. Ils sont particulièrement touchés en Amérique du Sud et aux États-Unis. La tribu amérindienne Navajo, par exemple, est au troisième rang américain pour le taux de contamination, après New York et le New Jersey. On compte près de 265 décès pour une communauté de 170 000 personnes.

Pourquoi vous semble-t-il important de porter la voix de ces peuples à travers un média ?
On compte près de 5 000 peuples autochtones à travers la planète, ce qui représente 370 millions de personnes. Ils vivent dans des territoires qui représentent 80 % de la biodiversité. Ils se considèrent comme un élément du vivant, contrairement aux occidentaux qui sont engagés dans une logique d’exploitation des ressources. Les peuples autochtones ont conscience des limites planétaires. Nous vivons une crise de sens et une crise écologique. L’humanité entière est impactée. La vision du monde des peuples racines peut nous aider à renouer avec l’essence même de l’humanité. Il nous semble important de remonter aux sources de nos origines pour nous retrouver, à un temps où tout était vivant et où l’équilibre nécessaire à la vie reposait sur l’interdépendance de toute chose. Nous devons et nous voulons accompagner ces peuples pour leur redonner la parole, les écouter, permettre un dialogue et des échanges authentiques pour qu’ils puissent, à leur tour, nous accompagner dans ce chemin où le devenir de la vie est en jeu.

Découvrez la revue Natives

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