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L’Occitanie organise sa propre convention citoyenne

La région Occitanie a mis en place une convention citoyenne sur le modèle de la Convention citoyenne pour le climat, au niveau national. L'idée : impliquer des citoyens tirés au sort dans la conception d'un plan de transformation structurel du territoire.
Par Philippe Lesaffre
citoyens sur la table
picto_1 Crédit : Dylan Gillis / Unplash

Au plus fort de la crise sanitaire, la région Occitanie, dirigée par Carole Delga (PS), a annoncé vouloir élaborer « un plan de transformation et de développement », une sorte de green new deal régional et structurel visant à construire une région plus résiliente pour faire face à la crise sociale et environnementale. Et pour y arriver, la région, qui rassemble près de 6 millions de personnes, a voulu impliquer les habitants en imitant la Convention citoyenne pour le climat, dont les participants ont rendu leurs conclusions en juin dernier.

A l’origine de cette convention régionale, lancée au début de l’été, le collectif Démocratie ouverte, qui était aussi dans le Comité de gouvernance de la Convention citoyenne pour le climat. « On a convaincu l’exécutif de sauter le pas, et on l’a accompagné pour la mise en place de cette nouvelle convention citoyenne », explique Armel Le Coz, cofondateur de Démocratie ouverte. Dans le cadre d’un partenariat avec la région Occitanie depuis plus de deux ans, le collectif aide cette dernière à tester des solutions visant à impliquer davantage les citoyens et associer les usagers, comme la mise en place de budgets participatifs, de la plateforme participative La région citoyenne, d’une tournée citoyenne dans les territoires et, donc, de cette convention citoyenne.

« L’intelligence collective, ça marche »

Concrètement, en juin, ont été tirés au sort, avec l’aide d’un institut de sondage, 100 citoyens. De tous les âges, à partir de 16 ans, ils sont issus de toutes les catégories socioprofessionnelles, et viennent de tout le territoire (zone urbaine, périurbaine, rurale). Selon Armel Le Coz, ils ont accepté de participer à l’aventure car, « dans le contexte sanitaire, il y a eu une prise de conscience évidente ». Pour lui, « ils ne sont pas venus en premier lieu pour la rétribution financière ».

Dans l’ensemble, les citoyens ne sont pas des militants écologistes ou des personnes engagées qui ont l’habitude de ce genre de consultation. « On a fait un questionnaire d’évaluation lors de la première session de travail. Sur les 100 tirés au sort, il n’y en avait moins de 5 qui avaient déjà participé à des réunions publiques ou des concertations citoyennes. » Armel Le Coz l’affirme : « Bien que des doutes subsistent chez les participants, sur le fait que leurs conclusions seront reprises par les politiques, ils estiment que l’intelligence collective, ça marche. »

« Préparer l’avenir » des citoyens

La région leur demande quelles sont leurs attentes et d’imaginer des mesures pour « améliorer la vie des habitants dans le contexte actuel et pour préparer l’avenir », selon la formule de la présidente de région, Carole Delga. Comment assurer le bien-être des citoyens et une meilleure justice sociale ? Comment retrouver la confiance des habitants ?

Les citoyens se sont réunis à une première session entre le 10 et le 12 septembre pour constituer des groupes de travail, rencontrer les agents de la région, pour bien comprendre leurs activités, leurs compétences et ce qui est fait sur le territoire. Comme les citoyens de la Convention pour le climat, ils ont rencontré des porteurs d’initiatives sélectionnées lors des budgets participatifs de la région, des acteurs du monde associatif et économique, des penseurs, des chercheurs, afin de se forger une opinion. Et ils ont commencé à formuler des propositions, qui ont été, au cours des trois jours, affinées, améliorées.

Des « jokers » ?

Lors de la deuxième session, du 23 au 25 septembre, les citoyens commenceront à trier parmi les propositions et échangeront avec les agents de la région qui auront, au préalable, analyser leurs premières idées (au niveau de la faisabilité par rapport aux compétences de la région, leurs impacts, et le financement notamment).

L’idée est qu’ils réfléchissent également à des questions qui seront, entre octobre et novembre, soumises au vote des habitants de l’Occitanie, invités à s’exprimer sur les conclusions des 100 citoyens tirés au sort. La votation se déroulera en ligne, sur le site laregioncitoyenne.fr (sur lequel vous trouverez, habitants de l’Occitanie, toutes les informations nécessaires).

La région a promis, elle, d’intégrer les conclusions dans le plan du green new deal, qui sera voté en novembre, et qui impactera ainsi le vote du budget de la région. Alors, y aura-t-il des « jokers », pour reprendre l’expression du chef de l’État ?

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