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Les rencontres de l’écolonomie : “Des clés et de l’inspiration pour changer de cap”

Les rencontres de l’Ecolonomie, organisées par Pocheco, sont prévues les 8, 9 et 10 juin prochains. Mouvement UP, partenaire de l'événement, a interrogé Elodie Bia, responsable développement chez Pocheco.
Par La rédaction
picto_1 Crédit : Pocheco

“Trouver clés et inspirations pour entamer la transition”

Les rencontres de l’écolonomie sont prévues les 8, 9 et 10 juin prochains. Pouvez-vous nous préciser quel est l’objectif ?

Élodie Bia : Il s’agit de permettre à d’autres de trouver les clés et l’inspiration pour entamer la transition dans leur entreprise. Chez Pocheco, nous avons entamé notre transition écologique et écolonomique il y a 25 ans, et les transformations ont porté leurs fruits. Nous nous sommes inspirés d’auteurs, d’architectes, de scientifiques. Et nous souhaitions partager cela en donnant des pistes, celles que l’on a empruntées, justement.

Durant ces trois jours, qui verra-t-on par exemple ?

On pourra voir notamment Kalina Raskin, du Ceebios pour échanger au sujet du biomimétisme, thématique inspirante selon moi. Il sera question également de relations sociales au travail avec Muriel Pénicaud. C’est un domaine essentiel au sein des entreprises. Durant ces trois jours, il y aura aussi un moment dédié à la question de l’architecture frugale. Toute entreprise a des bâtiments, et ils peuvent être construits avec des matériaux propres, et le moins d’équipements possibles. Chez Pocheco, nous prônons les low-tech ; et le plus « simple », c’est toujours le mieux. Or, il est vrai que ce n’est pas ce qu’il y a de plus facile à concevoir. Enfin, nous échangerons sur le droit de l’environnement. Il est possible de devancer la règlementation et imaginer à quoi peut ressembler l’entreprise de demain.

nous accompagnons désormais les entreprises et les collectivités dans leur transition

Qu’est-ce que « l’écolonomie » ?

Le mot, imaginé par Corine Lepage (dans Vivre autrement, Grasset, 2009), n’est pas apparu de suite lors de notre transition. Chez Pocheco, nous avons compris que nous pouvions réduire l’impact sur l’environnement tout en améliorant les conditions de travail et en faisant des économies. Nous nous sommes rendu compte que nous pouvions réduire la toxicité des produits, en supprimant les produits à base de solvants pour les remplacer par des produits à base d’eau, par exemple.

Pouvez-vous nous présenter Le bureau Ouvert ?

La transformation a été visible chez nous. Des panneaux solaires et des toitures végétalisées chez Pocheco ont été installés, et cela s’est vu de l’extérieur. Nous avons attiré des curieux, des visiteurs. Ils ont posé des questions sur la transition… Puis nous nous sommes dits que nous pouvions ouvrir un cabinet de conseil. C’était il y a 10 ans et nous accompagnons désormais les entreprises et les collectivités dans leur transition. Nous travaillons avec de grands groupes, comme L’Oréal, Danone, Lesaffre.

La demande peut également venir des employés qui souhaitent que leur entreprise se mobilise

Comment initier la transition écologique dans une entreprise ?

La demande peut provenir du dirigeant, car il en a pris conscience, et il veut emmener sa société dans le changement. À ce moment-là, nous organisons une réunion avec un maximum de personnes pour présenter l’écolonomie, afin de donner de l’inspiration. Nous entamons un diagnostic sur la gestion de l’eau, de l’énergie et des produits, évaluons le degré de prise de conscience des collaborateurs afin de repérer les personnes les plus engagées à titre individuel (au niveau de leur consommation notamment). Et ce, pour les mobiliser et leur proposer, avec d’autres, d’entamer une réflexion sur l’avenir de l’entreprise : à quoi peut-elle ressembler demain ? Une fois que l’objectif est déterminé, nous mettons en place un plan d’action et nous accompagnons le collectif.

La demande peut également venir des employés qui souhaitent que leur entreprise se mobilise. Ils sont engagés à titre personnel et veulent qu’il en soit de même au travail. Alors, nous réfléchissons à une action à mettre en place, comme sur la mobilité par exemple. L’idée : inspirer le ou la dirigeant.e qui peut ensuite, pourquoi pas, se saisir du projet pour la mise en œuvre des engagements.

La taille des entreprises importe-t-elle sur la réalité de la transition des entreprises ?

Non. Un grand groupe c’est un ensemble d’unités, d’usines, d’un pôle. Nous commençons par un côté, puis la méthode est dupliquée ailleurs, et ainsi de suite.

La transition démarre par un état d’esprit et une volonté

Quelles évolutions remarquez-vous ?

Depuis 10 ans, je vois que les employés ne veulent plus de différences entre leur domicile et l’entreprise, ils sont moteurs du changement. La prise de conscience, l’envie d’essayer, le changement sont là. Les dirigeants se disent : « Il faut changer, c’est un bon moyen pour recruter. » Certains que je rencontre me disent que, lors des entretiens d’embauche, de nombreux candidats demandent quelles sont les valeurs de l’entreprise, si des initiatives écoresponsables ont été mises en place, c’est important pour ces personnes.

La transformation d’une entreprise en difficulté est-elle possible ?

Avant notre transition, nous perdions de l’argent, et le dépôt de bilan était proche. Au bord du gouffre, nous avons choisi de changer de cap. Nous nous sommes préoccupés du confort des équipes. Toujours est-il que ce n’est pas plus cher d’installer une clôture végétale que d’en mettre une métallique, c’est le même prix. La transition démarre par un état d’esprit et une volonté ; il faut penser le projet en amont, discuter, chercher les bons produits, cela demande du temps. Forcément, tout cela nécessite également un travail de déconstruction des préconçus, c’est important : il faut pouvoir trouver de l’inspiration, montrer aux personnes que c’est possible d’engager le changement au sein d’une entreprise ou d’une collectivité. Et il ne faut plus seulement intégrer le prix d’achat comme paramètre, mais prendre en compte également les impacts sur l’environnement et les conditions de travail. Soyons curieux et écoutons les experts.

Note : On peut, durant ces trois jours, assister aux thématiques souhaitées ou tout prendre. Voici le programme.