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Les Investies : la nouvelle génération de femmes politiques

82 % des 18-35 ans ne sont pas allés voter aux élections régionales ! Un des symptômes d'une sérieuse crise démocratique, selon les experts. Et si c'était la façon de faire de la politique qui devait changer, pour ramener les citoyens vers le chemin des urnes ? C'est le constat des participantes du programme Investies, qui a accompagné 60 femmes engagées à prendre leur place dans l'espace politique cette année.
Par Sandra Coutoux
femmes politiques
picto_1 Crédit : Ponomariova Maria / Getty Images

« Ce qui nous relie, malgré des parcours différents, c’est la volonté de faire de la politique autrement », explique Lumir Lapray, l’une des 60 participantes du programme Investies. Après des études à Sciences Po, et une expérience d’assistante parlementaire au Congrès américain, la jeune femme a décidé de s’installer dans son village natal situé entre Lyon et Genève. Persuadée que la jeunesse rurale a un rôle à jouer dans le monde d’après, elle a fondé l’association OPTIMIST. En septembre dernier, elle a intégré par cooptation le programme de formation Investies, lancé par Quitterie de Villepin, avec le soutien d’une vingtaine de femmes engagées. Son objectif ? « Ce programme ne vise pas à gagner des investitures en étant des femmes quotas” ou de ”dernière minute”. Il nous permet de créer les conditions pour influer sur les grands enjeux de notre ère, à apporter dans nos bagages des méthodes démocratiques et organisationnelles inclusives, et à travailler sur une nouvelle posture de l’élue », explique Lumir Lapray.

Faire de la politique au service de l’intérêt général

Les femmes inscrites à ce programme sont militantes associatives, parfois engagées dans un parti politique, mais toutes font le même constat : les obstacles auxquels ces femmes font face pour prendre leur place en politique sont encore trop nombreux. Durant 9 mois, elles ont suivi des ateliers, écouter des femmes politiques, comme Cécile Duflot ou Najat Vallaud-Belkacem, partager leur expérience dans un univers très masculin. L’occasion de comprendre l’envers du décor, les sacrifices, la pression. Elles ont travaillé aussi autour de deux axes : l’acquisition de techniques politiques et électorales, et la construction d’une vision renouvelée de la posture de l’élue.

Toutes les femmes qui ont participé au programme ne se lanceront pas en politique en 2022. Car c’est un engagement exigeant qui ne correspond pas à toutes. Cependant, ce programme de 9 mois a permis à chacune de se positionner, de prendre confiance dans sa capacité à changer les règles du jeu politique de l’intérieur, en défendant une vision plus inclusive des politiques publiques qui répond aux besoins des territoires. « Nous pensons que si les jeunes citoyens se détournent des urnes, c’est parce qu’ils estiment que leur voix ne compte pas. La politique, c’est très concret, c’est ce qui organise la vie de la société. Nous devons remettre la co-construction au cœur du système démocratique. Sortir des jeux de pouvoir, des guerres d’égo engendrées par des professionnels de la politique. L’intérêt général doit aujourd’hui primer », conclut Limur Lapray.

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