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Le coronavirus et le grand retour du tout-jetable

Masques en papier, lingettes désinfectantes, blouses en plastique chez le coiffeur, suremballage au supermarché... La crise sanitaire signe le grand retour de l'usage unique du plastique. Alors que les éboueurs alertent sur la quantité de masques jetés et que le plastique semble faire un retour en force dans le quotidien, l'association Zéro Waste France souhaite lancer un débat sur le sujet.
Par Sandra Coutoux
les masques et le covid 19
picto_1 Crédit : Adam Nieścioruk

« Le recours au jetable, dans l’urgence du début de la crise sanitaire, semble se transformer en une nouvelle normalité, sans que la question des alternatives possibles soit posée », regrette l’association Zéro Waste France dans un communiqué.

Alors même que la France vient d’interdire la vente de certains objets en plastique à usage unique, depuis le 1er janvier 2020, comme les gobelets, les assiettes, les Cotons-Tiges, les touillettes à café ou les pailles, la crise sanitaire remet en question la portée de cet effort. Masques fabriqués à base de thermoplastique, bouteilles de gel hydroalcoolique, visières en plastique sont présentés comme des solutions pour se protéger du virus.  » C’est une illusion de sécurité, car on sait que le virus peut survivre plusieurs heures sur de nombreuses surfaces, et même le plastique », relève Marine Foulon, chargée de communication de l’ONG Zéro Waste France, pour qui le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas.

Dans le monde entier, chaque jour, des millions de personnes portent des masques en plastique à usage unique. Et les répercussions se font déjà sentir en Asie, par exemple, où la pollution des plages a augmenté comme au large de Hong-Kong, par exemple, comme le signale l’association Oceans-Asia.

 

Masks On Beach from Gary Stokes on Vimeo.

Le plastique, source de pollution mondiale

Les répercussions de “l’ère du jetable”, en matière de surconsommation des ressources, de pollutions multiples et de changements climatiques sont pourtant connues. Selon Matthieu Combe, auteur d’un livre enquête intitulé Survivre, au péril plastique, on apprend que plus de 8,3 milliards de tonnes de plastique ont été produites depuis le début des années 50. Environ 60 % de ce plastique s’est retrouvé dans une décharge ou dans la nature, selon le rapport de l’ONU sur l’environnement publié en 2018.

Le problème du plastique est qu’il est très difficile à recycler et met beaucoup de temps à disparaître naturellement. Le masque chirurgical bleu qui a envahi notre quotidien est fabriqué à partir de thermoplastique et peut mettre jusqu’à 400 ans à se décomposer. Le plus simple est donc de le jeter dans votre poubelle des ordures ménagères.

Quelle alternative ?

En ce qui concerne les masques, le modèle en tissu lavable réutilisable semble être une option. Un monde avec moins de plastique est-il donc réellement possible ? Cela dépend bien sûr des produits concernés et des choix politiques des différents pays. Aujourd’hui, moins de 1 % des plastiques produits dans le monde sont d’origine naturelle alors que l’avenir réside dans les matériaux plastiques d’origine végétale, à base d’algues par exemple. Selon Matthieu Combe, « il faut diminuer la production plastique issue des énergies fossiles et développer des matériaux alternatifs d’origine végétale, puis s’intéresser à la fin de vie de ces déchets afin qu’ils soient recyclables et recyclés ».

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