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L’art du Niksen : ne rien faire pour favoriser la créativité

On a lu "Le livre du Niksen, les bienfaits de l’oisiveté sur notre santé, notre créativité, notre efficacité" de la journaliste Olga Mecking. Vous avez dit le « Niksen » ? Que signifie ce terme, qui vient des Pays-Bas ?
Par Philippe Lesaffre
ne rien faire

D’abord, le Niksen, ce n’est pas…

D’abord, rassurez-vous, ce n’est pas une énième recette ou un concept de « bien-être » pour aller mieux en ces temps moroses. « Le Niksen n’exige pas que vous changiez ou que vous vous amélioriez. C’est une bonne nouvelle, non ? », écrit Olga Mecking, auteure du Livre du Niksen (paru en août 2020, aux éditions First), qui en a assez que, dans notre société, il est « devenu socialement obligatoire d’être heureux et en bonne santé sous peine d’être considéré comme un fardeau pour la société ».

Ensuite, il ne faut pas le confondre avec d’autres activités, comme ce qu’on peut appeler le travail émotionnel (réfléchir par exemple sur une chaise au repas du soir ou aux devoirs des enfants). Parfois, on a coutume de dire que, quand on surfe sur le Net, ou qu’on est sur les réseaux sociaux, on ne fait « rien ». Or, le Niksen, ce n’est pas ça non plus.

Alors c’est quoi, au juste ?

C’est l’art de ne… rien faire, et ce, pour aller mieux. Mais qu’est-ce que ça signifie de ne rien faire ? Vaste débat. Et il est ainsi difficile de trouver une définition précise et unique du Niksen, explique d’emblée Olga Mecking, journaliste de métier.

Chacun ses mots. La journaliste cite par exemple l’auteure américaine Gretchen Rubin : « Je traîne sans but dans mon appartement ou mon quartier. Je devais faire une course, et voilà que je flâne. Sans me presser, et sans penser à mes courses. Juste en regardant autour de moi. A la maison, je regarde ma messagerie, mais uniquement parce que je l’ai sous les yeux. C’est un sentiment de dimanche matin. On traîne. »

Il s’agit de prendre du temps pour soi. C’est rêvasser ici ou là, par exemple en contemplant ce qui nous entoure. C’est surtout faire quelque chose sans objectif précis : regarder par la fenêtre, se promener, profiter de la musique. Chercher à être surpris, sans jugement.

Pourquoi c’est difficile et mal vu ?

Certaines personnes peuvent avoir du mal à pratiquer ce fameux Niksen, car leurs journées sont souvent bien remplies, parfois angoissantes, entre les tâches ménagères, les repas, le bricolage, les devoirs des enfants et, évidemment, le travail (à domicile, en période de confinement, pour certains).

Les nouvelles technologies mobilisent notre attention, nous poussent à nous occuper sans arrêt, à poursuivre un travail, produire, ou consommer. Les écrans qui nous entourent nous incitent à nous connecter en permanence, pour passer du temps sur Facebook ou Instagram, jouer sur une application mobile, répondre à un sms, zapper de chaîne de télé en chaîne de télé ; bref, autant d’activités qui nous éloignent d’un temps de Niksen.

Pourquoi le Niksen est important pour nous ?

Décompresser et souffler

Entre notre emploi du temps ultra chargé, et le contexte de crise sanitaire et d’attentats, on peut comprendre que nombreuses sont les personnes à vivre avec un stress continu, partout dans le monde. Ne rien faire, ou pratiquer le Niksen permet de décompresser, c’est un temps mort « utile » pour souffler, notamment.

Trouver des idées et faire le plein d’énergie

Le Niksen, c’est également un moment qui nous permet de réfléchir sans vraiment le vouloir, pour « mieux repartir » : c’est laisser l’esprit vagabonder et faire le plein d’énergie.

Vous travaillez, mais vous n’arrivez plus à avancer ? Faites une pause : levez-vous, allez-vous poser ailleurs et attendez, tout simplement. Vous verrez : rêvasser aide à ce que les idées puissent prendre forme, comme par magie, presque. Ce n’est pas toujours automatique, mais ça peut aider, nous inspirer et favoriser la créativité. Tentez le coup !

Comment y arriver ?

Au boulot

L’auteure vous invite à sauter le pas, au boulot, y compris dans l’open space. Faire des pauses régulières, marcher un peu, prendre l’air, loin de l’écran, et même pendant les réunions pour retrouver un peu de concentration.

Au domicile

Pratiquez le Niksen chez soi est essentiel également, écrit Olga Mecking, mais il est vrai que certains culpabilisent de ne rien faire, en raison des tâches qui leur restent à effectuer.

Pour permettre de sauter le pas plus aisément, l’auteure nous invite à préparer son espace de vie. Exemple : laissez un plaid et des coussins aux couleurs qui vous apaisent, cela aura tendance à vous inciter à vous reposer. Si vous vous jetez sur le canapé, écartez la télécommande ou votre téléphone pour ne pas être tenté de faire autre chose que de flâner.

A l’extérieur

Ne « rien » faire est possible, enfin, quand on pratique une activité physique qui nous plaît (hors période de confinement) : une promenade, une course, un déplacement en vélo sont autant de conditions pour que notre esprit se balade. Bref, sortir, s’aérer et… contempler les paysages sans penser à quoi que ce soit.

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