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« La jeune femme et la mer », un bain de nature signé Catherine Meurisse

Dans sa dernière bande dessinée, Catherine Meurisse nous présente une artiste à la recherche de sa prochaine œuvre. La dessinatrice, en particulier pour Charlie Hebdo, propose avec "La Jeune Femme et la mer" un conte philosophique, contemplatif et nous emmène en voyage au Japon, au plus près de la nature.
Par Philippe Lesaffre
la jeune femme et la mer
picto_1 Crédit : DR

Catherine Meurisse s’est souvent rendue au Japon, à Kyoto, ou encore sur l’île d’Iki, située dans le détroit de Tsushima. Dans La Jeune Femme et la mer, son dernier album paru chez Dargaud, en ce 29 octobre, elle met en scène une narratrice qui lui ressemble, une artiste venue « peindre la nature » du pays nippon. Elle se promène et cherche l’inspiration au plus près des plantes et de l’océan. Sur sa route, elle croise un peintre, lui aussi en panne d’inspiration, ainsi que la tenancière d’une auberge thermale, qui l’aideront à la guider. Au travers de ses déambulations, la narratrice échange aussi avec un drôle de tanuki, un canidé à l’allure de chien viverrin, esprit de la forêt dans la légende japonaise.

Elle découvre des paysages à couper le souffle. Ils gardent parfois les cicatrices de catastrophes naturelles passées, à l’instar de typhons. Elle comprend que « la nature est magnifique, mais toujours prête à vous sauter à la gueule ». Elle réalise vraiment à quel point, observe un personnage, « les hommes se prennent toujours pour des champions de la création comme de la destruction ». Toutefois, « la nature rappelle (aux humains) qu’elle était là avant et qu’elle sait y faire ».

« La nature idéalisée »

Mais comment se comporter face à ces menaces ? Elle rencontre durant son périple des peintres qui ont trouvé des astuces pour y parvenir. Nostalgiques, ils aiment « évoquer (leurs) bons souvenirs ». Ces artistes, sur la plage, immortalisent des paysages naturels… en faisant abstraction d’un ensemble de béton qu’ils ont devant eux. Il y en a beaucoup dans les parages, notamment des murs anti-tsunami, mais ils n’en ont cure. Comme ils disent, ces peintres se permettent d’apporter « quelques retouches », vu que « la nature vierge est de plus en plus rare ». Et ils idéalisent ainsi leur nature, dont ils semblent si proches, si connectés.

La jeune femme et la mer

De Catherine Meurisse

Mise en couleurs d’Isabelle Merlet

Aux éditions Dargaud

 

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