Article

Ernest, l’association au chevet des plus démunis

Depuis plusieurs années, et sans interruption durant le confinement, l’association Ernest distribue paniers de légumes bio et plateaux repas à des publics en grande précarité. Elle bénéficie de l’appui de près de 200 restaurateurs, à Paris et à Bordeaux.
Par Philippe Lesaffre
Ernest fistribue des légumes bio à des personnes précaires
picto_1 Ernest (Facebook)

Le confinement a été levé, les restaurants peuvent à nouveau accueillir le public – en terrasse, dans les zones oranges (Ile-de-France, Mayotte et Guyane). C’est le cas, notamment, des établissements partenaires de l’association Ernest, à l’origine de l’opération solidaire « Pourmanger ».

L’idée : le restaurateur majore (automatiquement, mais avec l’accord du consommateur) la note du client de quelques centimes (50 cents, en général), qui sont ensuite reversés à l’association Ernest. Cette somme permet d’acheter des légumes biologiques dans un jardin d’insertion à Sevran, en région parisienne. Ces produits seront ensuite distribués dans des centres sociaux et d’hébergement. À l’heure actuelle, la petite structure travaille avec une quarantaine de chefs et a fédéré un réseau de 200 restaurateurs, à Paris, ainsi qu’à Bordeaux. Chaque année, cette initiative permet de gagner près de 40 000 euros par an.

Les restaurants qui ont pu, pendant le confinement, rester ouverts grâce à la vente à emporter, ont continué de collecter les petites sommes du « pourmanger ». Toutefois, certains patrons d’établissement ont été contraints de baisser le rideau. Quelques établissements du réseau d’Ernest n’ont pas encore pu recommencer à sortir leur table à l’extérieur (en terrasse) pour accueillir les clients. C’est que « la crise sanitaire est un coup très dur pour eux », estime Marie Gérin-Jean, la directrice de l’association Ernest.

Fracture alimentaire

Néanmoins, celle-ci a pu compter sur de nombreux chefs durant le confinement, et encore en cette fin de printemps, pour concocter, à côté des bénévoles de l’asso, de très nombreux plats au quotidien pour les plus démunis. L’aventure se poursuit à l’heure actuelle. Les mets sont distribués dans la rue et dans des hôtels sociaux.

Les bénéficiaires sont des sans-abri, mais pas tous. Marie Gérin-Jean a pu constater que des familles ayant un logement mais en situation de grande précarité, venaient chercher de quoi se restaurer. Qui sont-elles ? « Ces personnes avaient plusieurs petits boulots, mais elles en ont perdu un. Ce sont aussi des autoentrepreneurs ou des indépendants ayant du mal à joindre les deux bouts », poursuit la directrice d’Ernest, craignant ainsi que la fracture alimentaire s’aggrave dans les prochains mois.

Retrouvez l’association dans le restaurant, à Pantin, qu’elle a ouvert, Mingway (et dégustez le jeu de mot, avec le nom de la structure, Ernest)

Ce qui pourrait vous intéresser

paris je te quitte Article -
Par Sandra Coutoux

Après le confinement, ils veulent quitter Paris

C'est l'un des impacts du confinement. Trop chère, trop bruyante, trop peuplée, Paris ne fait plus rêver. Une étude publiée par le site Parisjetequitte révèle que 54 % des Franciliens sont prêts à quitter la capitale, dans les mois qui viennent, pour vivre une vie plus douce ailleurs.

Bien-être Société
les pommes de terre produits achetes en temps de confinement Article -
Par Philippe Lesaffre

Comment les épiceries Nous, antigaspi s'adaptent au confinement

Avec le confinement, les comportements d’achats de première nécessité ont été bouleversé. Ce qui a impacté l’organisation des magasins alimentaires. Par exemple, Nous, antigaspi, la chaîne d’épiceries situés principalement dans l’ouest du pays et valorisant les invendus (parfois locaux), ont dû, comme les autres, faire face.

Consommation
Alimentation en France Article -
Par Philippe Lesaffre

Déconfinement : comment nos habitudes alimentaires ont évolué

Le Réseau Mixte Technologique (RMT) Alimentation locale, groupement de chercheurs, a publié une étude concernant notre rapport à l'alimentation durant le confinement. Conserverons-nous les habitudes prises durant ces semaines de distanciation sociale ?

Alimentation