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« Je crois en la croissance écologique, pas à la décroissance verte »: les annonces de Jean Castex

Le Premier ministre Jean Castex a dévoilé, lors de son intervention à l'Assemblée nationale, sa feuille de route pour les "600 jours" qui restent avant la présidentielle.
Par Philippe Lesaffre
Jean Castex
picto_1 Capture écran (LCP)

Lors de son discours de politique générale, le nouveau Premier ministre Jean Castex a affirmé que son gouvernement entendait « mobiliser plus de 20 milliards d’euros pour la rénovation thermique des bâtiments, la réduction des émissions des transports et de nos industries, pour produire une alimentation plus locale et durable, pour soutenir les technologies de demain comme les batteries, pour mieux recycler et moins gaspiller. » Il s’agit d’un cinquième du plan de relance de 100 milliards d’euros, annoncé le 14 juillet par Emmanuel Macron. Un plan, selon le président, « massif, à la fois industriel, écologique, local, culturel et éducatif ».

Le gouvernement présentera un projet de loi spécifique dans les prochaines semaines, pour qu’il soit présenté à l’Assemblée nationale « au début de l’automne ». Le chef de l’État l’avait promis, et ce, afin de traduire de nombreuses propositions de la Convention citoyenne pour le climat.

« Contrats de développement écologique »

Jean Castex a vanté le travail des 150 citoyens durant son intervention devant les députés. Il a notamment confirmé la volonté de l’exécutif d’instaurer un « moratoire sur les projets commerciaux dans les zones périphériques« ,  sans en dire beaucoup plus. Les 150 citoyens de la Convention pour le climat souhaitent, eux, aller plus loin et demandent à l’exécutif que la France prenne « immédiatement des mesures coercitives pour stopper les aménagements de zones commerciales périurbaines très consommatrices d’espaces« .

Et il a aussi dévoilé son intention de réguler la « publicité sur les produits polluants« . C’est une mesure chère aux participants de la Convention citoyenne pour le climat, qui demandent une « interdiction » de la pub des produits les plus émetteurs.

Le Premier ministre souhaite par ailleurs que les « territoires » – expression très largement employée dans son discours, « soient dotés de contrats de développement écologique, avec des plans d’action concrets, chiffrés, mesurables, du développement des pistes cyclables à la lutte contre l’artificialisation des sols, de l’équipement des toitures photovoltaïques à la promotion du tri sélectif, de la lutte contre les gaspillages, à la promotion des énergies renouvelables, du nettoiement des rivières, aux économies d’eau, d’énergie et d’éclairage public. » Il a précisé que l’État sera « financeur ».

Enfin, le successeur d’Édouard Philippe a expliqué que « l’écologie (n’était) pas l’apanage d’une génération, d’une classe sociale des quartiers de certaines villes ».  Allusion à la figure clichée du « bobo écolo » et à la vague verte dans les grandes villes de France, au soir du second tour des municipales. Pour Jean Castex, « l’écologie, c’est notre affaire à tous. Elle doit être créatrice de richesses ». Et de préciser : « Je crois en la croissance écologique, pas à la décroissance verte. » Comme pour marcher, encore une fois, dans les pas d’Emmanuel Macron, chantre d’une « écologie du mieux » mais pas du « moins« .