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Convention pour le climat : les annonces du chef de l’État aux citoyens

Emmanuel Macron, après le second tour des municipales, a rendu son verdict sur les conclusions de la Convention citoyenne pour le climat. Il accepte toutes les propositions des 150 citoyens, à l'exception de quelques-unes...
Par Philippe Lesaffre
A l'Elysée, Macron donne sa réponse à la convention citoyenne pour le climat
picto_1 Nicolas Nova (Flickr)

La « réponse » du chef de l’État ne s’est pas faite attendre. À peine 24 heures après le second tour des municipales, remportées dans de nombreuses villes par des écologistes (souvent alliés à des partis de gauche), Emmanuel Macron a reçu à l’Élysée les 150 citoyens de la Convention citoyenne, qui avait dévoilé il y a quelques jours leurs propositions visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Il l’avait promis voilà quelques mois, il a annoncé vouloir reprendre l’essentiel des propositions des citoyens qu’il a jugées « courageuses » et « ambitieuses ». L’essentiel des mesures… à l’exception de quelques « jokers », comme il dit.

Il accepte tout, sauf « trois jokers »

D’abord sur l’une des propositions les plus polémiques, à savoir la limitation de vitesse sur autoroutes à 110 km/heure. « J’ai présenté beaucoup de grands plans qui se sont trouvés résumés à une seule mesure ou réduits à une petite phrase, a-t-il tenté de justifier, presque en souriant.  Je ne voudrais pas que vous connaissiez le même sort que moi et que des mois de travail s’abîment dans une polémique. »

Deuxième refus : sur la taxation à 4 % des dividendes des entreprises, supérieures à 10 millions d’euros, pour « participer à l’effort de financement collectif de la transition écologique ». Selon lui, choisir cette option reviendrait à « décourager l’investissement ».

Des référendums à partir de 2021

Enfin, il ne souhaite pas modifier le préambule de la Constitution afin de placer le droit de la nature au-dessus des droits humains, comme le réclamait la Convention. Pourquoi ? Car, « telle que proposée, la rédaction menace de placer la protection de l’environnement au-dessus des libertés publiques, au-dessus même de nos règles démocratiques« , a-t-il expliqué, lui qui promet de débloquer 15 milliards d’euros supplémentaires pour la transition avant la fin de son mandat.

Emmanuel Macron accepte l’idée, en outre, d’organiser des referendums. Un premier, dès l’an prochain, porterait sur l’introduction des notions de « biodiversité, d’environnement, de lutte contre le réchauffement climatique » dans l’article 1er de la Constitution. Puis un deuxième sur une ou plusieurs mesures de la convention, sans dire lesquelles. À ce sujet, il promet un futur texte de loi que le gouvernement présentera à la fin de l’été.

D’autres conventions citoyennes

À propos de la demande de création d’un crime d’écocide, Emmanuel Macron temporise : « Nous étudierons avec vous et l’appui de juristes comment ce principe peut entrer dans le droit français dans le respect de nos principes fondamentaux. Et nous verrons alors ensemble les suites à donner. »

Pour le reste, il donne son accord, que ce soit au sujet des passoires thermiques ou de l’artificialisation des sols. Il se dit également favorable à un moratoire sur les nouvelles zones commerciales en périphérie des villes, alors que de nombreux citoyens se mobilisent sur le territoire contre des projets de ce type, comme le rappellent Reporterre et Demain c’est sympa, sur cette carte.

« Je suis satisfaite »

Et le tout sera transmis au gouvernement ou au Parlement. Petit bémol à la demande des citoyens d’interdire les petites lignes aériennes intérieures, si une alternative en train existe pour moins de « 4 heures ». Emmanuel Macron accepte cette idée, mais il demande que ce soit à condition qu’il existe des alternatives d’une durée de « 2h30 »au maximum. Et ce, pour ne pas « enclaver les territoires » en cas de fermeture de ces lignes.

Contacté par MOUVEMENT UP, Mélanie B., l’une des citoyens de la convention, explique être « satisfaite » du discours présidentiel. Et de poursuivre : « Les jokers sont légitimes et étaient nécessaires. » Le chef de l’État leur a d’ailleurs proposé de continuer de suivre l’avancée des travaux et de poursuivre leur rôle « d’alerte ». Ces derniers attendent désormais qu’un « calendrier » leur soit soumis « pour la suite et le suivi de leurs mesures« . Ils ont applaudi quand le chef de l’État a proposé, enfin, que d’autres conventions citoyennes puissent voir le jour, sous l’autorité d’un Conseil économique, social et environnemental (CESE) transformé en une « chambre des conventions citoyennes ».

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