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Consultant en parentalité, un nouveau “maillon” dans la relation parents-enfants

Résidant à Mézières-sur-Seine (Yvelines), Mathilde Jolivet-Martin exerce un métier d’un nouveau genre pour établir une harmonie dans la vie familiale : consultante en parentalité.
Par Mario Lawson
picto_1 Crédit : Mathilde Jolivet-Martin

Psychologue, psychiatre ou assistant(e) social(e) : toutes ces professions abordent la relation parents/enfants depuis longtemps. Mais à présent, une nouvelle activité rejoint ce cercle : consultant(e) en parentalité. Découverte d’un métier « empathique, à l’écoute et non-jugeant » avec Mathilde (40 ans), originaire du Val-d’Oise.

Parent un jour, parent toujours

Devenir un « bon » parent est un processus qui nécessite d’être accompagné. Mathilde, mère de deux enfants, en sait quelque chose : « Je pensais que devenir maman, ça allait être que du bonheur. Hé bien non ! Ça n’a pas été facile avec mon fils aîné, je me sentais très seule. On m’a aidée pour accompagner ses colères, il a fallu que je me renseigne, que je me documente« , explique t-elle.

Mais c’est grâce aux difficultés éducatives rencontrées dans son propre quotidien, qu’elle est parvenue à trouver sa vocation depuis bientôt deux ans. Se décrivant comme « optimiste, curieuse, empathique et engagée« , Mathilde dispose d’un état d’esprit adéquat pour sa mission en tant que consultante en parentalité : donner confiance aux parents en leur capacité à bien faire, et les guider vers une parentalité respectueuse des besoins de chacun.

Professionnelle de la relation avant tout

« Nous, on ne psychanalyse pas les gens, on n’est pas là pour cerner la personnalité d’une personne ou pour déterminer une pathologie dans son comportement. »

L’approche de Mathilde sur la parentalité ne se veut pas médicale, mais axée sur des prises de conscience. « Je ne vais pas leur dire : ‘Fais ci, fais ça’ ; je vais chercher des solutions en accord avec les valeurs de la famille, pour le bon développement de l’enfant, précise la consultante, qui se définit comme accompagnante parentale, parce que j’aime bien l’idée de prendre la personne par la main, l’idée du compagnonage. »

C’est ce qu’elle tente d’appliquer durant ses consultations individuelles, au sein de son cabinet à Poissy ou lors d’ateliers dans des centres de vie sociale à Porcheville ou à Mantes-la-Jolie, notamment avec « le café des parents ». Un rendez-vous mensuel au cours duquel Mathilde aborde, avec des parents, des thématiques comme les « écrans », les « relations parents/profs » ou « la fratrie ». « C’est une activité demandée et appréciée. Les gens viennent ponctuellement et trouvent un espace d’échange, d’écoute et de soutien, qui leur permet de ne pas rester seuls avec leurs difficultés. »

Déterminée à être une oreille attentive auprès des parents, y compris ceux dont le français n’est pas la langue maternelle, elle les invite dans un premier temps à parler dans leur langue d’origine, « pour décharger le côté émotionnel« , et ensuite reprendre en français ou en anglais quand la situation l’exige. « Je discute avec les parents sur leurs principes »; exemple pour punir son enfant. « Quand on me dit : ‘Chez nous, on fait comme ça’, je ramène le parent à ce souvenir d’enfant, à son émotion d’enfant, et il reconnait que c’est un souvenir terrible. Je suis dans l’empathie de l’enfant qu’il a été. »

Parents et enfants face à l’actualité

Les enfants sont curieux posent des questions sur tout et ce, dès le plus jeune âge ! Alors comment expliquer, à des enfants entre 3 et 9 ans des sujets pourtant complexes comme les manifestations anti pass sanitaire en France ou les élections présidentielles l’année prochaine ?

Pour accompagner les parents vers une meilleure compréhension de l’actualité à destination de leurs enfants, Mathilde nous donne trois conseils :

« Pour commencer, il faut partir de ce que l’enfant a compris, vérifier par des questions pour contrer les idées fausses qui pourraient apparaître dans son esprit. Il cherche à comprendre le monde qui l’entoure.

Ensuite, il faut accueillir les émotions de l’enfant. Si il ou elle développe de la peur, par exemple, alors il faut l’écouter pour en comprendre l’origine, expliquer avec des mots simples pour accompagner cette émotion.

Enfin, ne les exposez pas à l’info brute, en continu. Privilégiez plutôt des petits livres, des médias adaptés comme 1 jour 1 question de la plateforme Lumni, qui explique l’actu de manière concise et décalée.«