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Consommer mieux pour être heureux: comment ça marche ?

La consommation responsable a le vent en poupe depuis quelques années : acheter moins, mais acheter mieux. Local, zéro déchet, recyclé… mais, au fait, pourquoi ça rend heureux ? Comment se lancer ? On vous dit tout.
Par Notre partenaire Dreamact
picto_1 Crédit : Dreamact

Consommer moins, la clé du bonheur

Les objets sur terre pèsent aujourd’hui 60 000 fois plus lourd que l’ensemble des êtres humains, si bien que l’on pourrait recouvrir la surface de la planète de 50 kilos d’objets par mètre carré. Si ces chiffres donnent le tourni, ils sont encore plus incompréhensibles quand on sait que les études ont prouvé que les expériences et le temps pour soi rendent plus heureux que les biens matériels. C’est logique : l’être humain est un être social et émotionnel, contrats que ne remplissent que trop peu l’acquisition d’objets

“L’avantage avec la nouveauté, c’est qu’elle ne reste jamais neuve : il y a toujours une nouvelle nouveauté pour faire vieillir la précédente”, disait Frédéric Beigbeder. En effet, l’excitation produite par l’acquisition d’un nouveau bien est éphémère car on s’habitue à lui, et il ne crée pas de souvenirs dans le temps. Pire encore, la course au nouvel objet nous emprisonne dans un schéma d’insatisfaction perpétuelle, puisqu’il faut sans cesse renouveler… la nouveauté.

A l’inverse, les expériences et le temps pour soi forcent à faire pause. Celles-ci ayant une durée limitée dans le temps (un voyage, un café avec des amis, l’apprentissage d’une nouvelle activité, un nouveau projet ), cela permet de les savourer et de les fixer dans notre esprit. Elles procurent des émotions et créent des souvenirs que l’on peut rejouer dans notre esprit à l’infini.

Consommer moins et mieux, une contrainte ? 

“Il y a deux manières de devenir riche. La première est d’acquérir toujours plus de choses, la seconde est d’en désirer moins.” – Jackie French Koller.

En consommant moins et en désencombrant son quotidien, on gagne en espace mental donc en énergie, en concentration, mais aussi en temps et en argent. Cela permet d’utiliser ses ressources (temps, concentration, énergie, argent) pour ce qui compte vraiment.  Posséder moins, pour vivre plus. Il ne s’agit pas de se restreindre, mais de redonner du sens et de la mesure à nos achats pour se concentrer sur ce qui nous procure réellement du bonheur.

Si consommer mieux semble contraignant pour un.e novice, c’est est en réalité tout l’inverse : en consommant moins on simplifie son quotidien, en consommant mieux on choisit des biens réellement utiles que l’on va aimer longtemps, ce qui est très satisfaisant. Prendre le temps de choisir un objet (cosmétique, mode, déco…) qui plaira longtemps et avec lequel nous sommes 100 % en accord permet finalement de ne faire que des bons choix ! Nous devrions tous les jours porter nos vêtements préférés, appliquer nos cosmétiques chouchoux, utiliser notre vaisselle favorite, observer notre plus jolie déco : nous méritons de vivre pleinement chaque jour, pas seulement aux “grandes occasions”. Chaque jour est une grande occasion !  Cette ancienne “accro du shopping reconvertie” confirme : “Ce que j’aime le plus ? Adorer mes vêtements, donc ne porter que mes vêtements préférés. Passer l’hiver entre mes deux pulls chouchoux, c’est devenu le bonheur.”

Enfin, consommer responsable génère des sentiments de challenge et de fierté, dont la charge émotionnelle est immense. La créativité nécessaire parfois pour trouver une alternative qui convient et l’excitation procurée par la sensation d’avoir relevé un défi ou d’avoir accompli une bonne action pour la planète et la société est une source de satisfaction que la consommation conventionnelle n’avait jamais pu procurer auparavant.

Quand fierté, plaisir et durabilité du choix se rencontrent, où est la contrainte ?

Comment se lancer dans le “consommer mieux” ? 

On vous propose de commencer par faire un grand tri matériel afin de recentrer vos priorités et vos besoins. Ça commence par une remise en question, pièce par pièce ou catégorie par catégorie d’objets en se demandant : Si mon logement brûlait demain, qu’est-ce que je rachèterais ? Qu’est-ce que je ne rachèterais pas ? Quels objets que je ne peux pas racheter me manqueraient ?” 

Si ces questions vous semblent trop difficiles, en voici d’autres très concrètes : « Ais-je utilisé cet objet depuis un an ?  Suis-je heureux.se de l’utiliser ?  Est-ce que je chercherais à le remplacer si je le perdais ? »

Un défi ludique à mettre en place pour se tester, c’est de ranger tous les objets d’une pièce…dans des cartons. Au bout d’un mois, on ne garde que ce qui a été sorti des cartons : c’est ce dont on a vraiment eu besoin.

Au-delà du tri, repenser ces réflexes d’achat : par exemple, supprimer l’habitude du jetable et de l’achat par le prix bas « Ça ne coûte que 2 €, c’est pas grave si ça ne tient/plait pas » : c’est mieux si ça tient dans le temps, si ça a été produit dans de bonnes conditions environnementales et sociales, et si ça ne produit pas un déchet de plus, non ?

On peut aussi appliquer la règle des 5 R, excellent repère lorsque l’on tend vers plus de minimalisme :

  • Refuser : dire non aux objets inutiles que l’on veut nous donner (dans la rue, au restaurant, de nos proches : non au stylo publicitaire, au sac plastique, au bibelot de sa tante qu’on n’aime pas).
  • Réduire : faire le tri, désencombrer son environnement… son cerveau !
  • Réutiliser : ne pas laisser dormir les vieux objets. Leur offrir une 2nde vie en les offrant ou en les revendant. Réemployer ce que l’on a, réinventer leur usage.
  • Recycler : au bon endroit de la déchetterie, auprès des entreprises, des assos et des organismes de recyclage.
  • Composter : quand c’est possible, un bac à compost ou lombricomposteur permet de ne pas faire de déchet – et d’avoir un engrais bio et ultra local.

Concrètement, je remplace mes habitudes d’achats fréquents…par quoi ?

Dans la maison :

Je prends 5 minutes pour changer de fournisseur d’électricité et passer à l’énergie verte : un petit geste pour un grand impact ! Quand je dois investir dans mon mobilier et ma déco, je choisis des objets durables et fabriqués en France pour favoriser l’emploi local et garder mon intérieur longtemps, comme nos (grands)-parents. Je m’équipe en alternatives zéro déchet réutilisables : sacs-à-pain, bento, gourde, recouvre-plats en tissu…. L’eau utilisée pour les nettoyer est bien moindre que celle nécessaire à produire en continu des articles jetables ! Enfin, je me mets aux produits ménagers maison. ils sont sains, écologiques et économiques.

Dans le dressing :

Je mise sur des vêtements intemporels de qualité, que je vais aimer porter longtemps. Je privilégie les matières écologiques saines et peu consommatrices d’eau, comme le lin ou le coton recyclé, et la fabrication en Europe. Quand j’ai envie d’une pièce forte, je me pose 3 questions pour être sûr.e de la faire durer :

– En aurais-je encore envie dans 3 jours ?

– Puis-je la porter avec 3 tenues que j’ai déjà ?

– Puis-je la porter à 3 occasions différentes ?

Dans la salle de bain :

Je remplace mes cosmétiques conventionnels et leurs packagings plastique par des cosmétiques solides naturels. Ma peau, la planète et mes économies (un cosmétique solide concentré dure 2 fois plus longtemps que sa version conventionnelle) me diront merci ! Si j’en ai l’envie, je peux même me lancer dans la confection maison de mes cosmétiques : savon, shampoing, déodorant, dentifrice.. pas si dur ! Pour mes disques démaquillant jetables ou mes coton-tiges, je les remplace par des alternatives lavables et je dis bonjour aux économies. Enfin, je favorise les produits multi-usage : pas besoin d’une crème par centimètre de peau, une bonne huile végétale pure suffit par exemple en tant que crème de jour, masque, démaquillant et soin pour les cheveux!

Dans le coffre à jouet :

Je propose aux enfants de garder tous les jouets qu’ils veulent dans 2 cartons, pour leur permettre de choisir ceux qu’ils aiment – vraiment – le plus. Pour ceux qui restent, je ne les sors pas tous à la fois : je les échange régulièrement pour les faire redécouvrir. Pour de prochains achats, je choisis des jouets sains et de qualité, sans perturbateurs endocriniens et fabriqués en Europe. Pour que les jouets racontent d’aussi belles histoires que celles que les enfants inventent avec eux ! Je regarde aussi du côté des jeux éducatifs et sensibilisant pour changer des écrans et leur permettent, eux aussi, de vivre plus d’expériences.