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Comment les épiceries Nous, antigaspi s’adaptent au confinement

Avec le confinement, les comportements d’achats de première nécessité ont été bouleversé. Ce qui a impacté l’organisation des magasins alimentaires. Par exemple, Nous, antigaspi, la chaîne d’épiceries situés principalement dans l’ouest du pays et valorisant les invendus (parfois locaux), ont dû, comme les autres, faire face.
Par Philippe Lesaffre
les pommes de terre produits achetes en temps de confinement
picto_1 Crédit : Kolar.io

Tout a été chamboulé à l’annonce de la mise en place du confinement. Un peu partout sur le territoire, des compulsions d’achats de précaution et des effets de panique ont été observés. Nous, antigaspi, comme les autres magasins, a accueilli davantage de clients, venus faire le plein.

Depuis, les comportements d’achats ont évolué. Les consommateurs, actuellement, privilégient davantage les produits de longue conservation, comme les pommes de terre, les oignons ou encore les pommes. Laissant un peu de côté les produits fragiles de saison, comme la mâche, les fraises et les asperges.

Hausse de la vente d’alcool

Dans ces épiceries antigaspi, comme ailleurs, certains produits, à l’instar des œufs ou des farines, ont été au début « en tension », vu que l’offre a mis du temps à s’adapter à la demande grimpante et imprévisible. A Paris, Vincent Justin, le co-fondateur des épiceries Nous, antigaspi, a même observé une hausse sensible de vente d’alcools (vin et bières). « Les bars ont fermé et les gens organisent des apéros en ligne », sourit-il.

S’adapter à la demande et aider celles et ceux qui luttent contre la propagation du virus… Nous, antigaspi a par exemple ouvert les portes des épiceries plus tôt dans la journée pour permettre aux soignants de faire leurs courses. « Dans la mesure du possible, on leur a distribué des surprises : des dons de restaurateurs, qui voulaient écouler leur stock. » Les magasins ont également réservé des créneaux horaires pour les personnes âgées, afin de limiter les risques de contamination.

Pénurie de main d’œuvre

Afin de favoriser les distanciations sociales, les épiceries ont mis en outre en place un système de click & collect (qui permet de réserver en ligne et récupérer ses courses directement en caisse), ainsi qu’un service de livraison quand cela est possible afin d’écouler les stocks. Et faire face à la baisse du trafic ayant suivi l’afflux des premiers jours de confinement.

En revanche, si certains produits ont été dévalisés, d’autres ont manqué dans les rayons, notamment des agrumes d’Espagne. « La pénurie de main d’œuvre sur place et la difficulté des transports nous a pénalisés. » Certains fruits ou légumes français de saison manquent un peu à l’appel également…

« On refuse de nombreuses propositions »

Forcément, en raison des comportements d’achats imprévisibles, cette période est propice au gaspillage de la part des producteurs. Or, Nous, antigaspi refuse « chaque jour » des offres de produits de leurs fournisseurs habituels. Tant les petits, locaux, atypiques, comme les gros industriels de l’agroalimentaire, les agriculteurs et les restaurateurs. « On ne peut pas tout écouler, pour le moment, avertit Vincent Justin. On ne veut pas déporter le gaspillage chez nous. »

« Accélérer la prise de conscience »

Pour pouvoir accepter plus de propositions d’invendus, Nous, antigaspi, compte ouvrir de plus en plus de magasins (sur la partie ouest du pays, en Ile-de-France, avant de couvrir la région Auvergne-Rhône-Alpes). Pour l’heure, les projets sont bloqués, mais reprendront plus tard.

En tout cas, Vincent Justin espère que la crise sanitaire contribuera à « faire évoluer les mentalités » et poussera le plus grand nombre à « interroger notre rapport à l’environnement ». Il faut, selon lui, « accélérer la prise de conscience », notamment sur le calibrage des fruits et légumes, certains ne sont toujours pas vendus, en raison de leur taille ou de leur aspect esthétique.

« Les consommateurs privilégient de plus en plus les commerces de proximité et les circuits courts. J’espère enfin que cette tendance se poursuivra le jour d’après. »

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