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Cette asso qui plante des forêts à Paris

LES INITIATIVES QUI ONT FAIT 2019 - A Paris, l’association Boomforest réintroduit des mini-forêts, à côté du bitume et du périph. Silence, ça pousse vite !
Par Philippe Lesaffre
Cette asso qui plante des forêts à Paris
picto_1 Cette asso qui plante des forêts à Paris

L’an dernier, une mini-forêt est sortie de terre au bord du périphérique vers la Porte de Montreuil. Un talus boisé et verdoyant auquel on accède en traversant un parking et un marché, côté banlieue. Autour d’un peuplier sans doute déjà là lors de la construction du boulevard, il y a des herbes grimpantes et des arbustes, qui masquent – un peu – le bruit de la circulation. Hêtres, chênes, peupliers, saules… De nombreuses variétés se côtoient et poussent chacune à leur rythme.

Une forêt, porte de montreuil
Une forêt à côté du périph’

A l’origine du projet, l’association Boomforest, qui a obtenu ce permis de planter grâce au budget participatif de la ville de Paris (édition 2016). Elle applique la méthode de reforestation du botaniste japonais Miyawaki. Ce grand expert en végétation potentielle (soit celle qui aurait été présente dans un milieu naturel donné s’il n’y avait pas eu d’influence de l’homme), 91 ans, a planté plusieurs millions d’espèces dans le monde entier.

Il recommande de faire pousser de nombreuses espèces dites indigènes (des essences autochtones, locales) dans une toute petite superficie. Une méthode qui permet une croissance beaucoup plus rapide qu’une forêt classique, car les végétaux s’entraident et se plaisent dans ce milieu.

Une troisième forêt en 2020

Dans ce petit lieu verdoyant parisien, au pied des tours et du bitume, des espèces invasives se sont incrustées, démontrant ainsi que « des oiseaux ont déposé des graines dans les parages », précise Damien, coprésident de l’association Boomforest qui se rend régulièrement sur place avec son associé Enrico, l’autre coprésident pour suivre l’évolution de la zone verte.

Avec les bénévoles, membres et sympathisants de l’association, les deux hommes viennent contrôler les espèces invasives, qui pourraient gêner la croissance des pousses, en leur masquant la lumière dont elles ont besoin pour grandir. Au bout de deux-trois ans, les membres de l’asso n’auront plus à le faire, puisque la forêt sera devenue autonome.

L’association ne veut pas s’arrêter en si bon chemin : en novembre 2019, elle a planté une deuxième petite forêt, cette fois au niveau de la Porte des Lilas. Et elle prévoit sous peu d’en créer une troisième sur un petit territoire limitrophe d’un jardin partagé, dans le 17e arrondissement.

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