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Ces citoyens du Lot attaquent la préfecture pour inaction climatique

Des citoyens dans le Lot s'organisent en vue de poursuivre la préfecture en justice pour inaction climatique sur leur territoire. Ils suivent le modèle des ONG et des associations à l'origine de "l'Affaire du siècle".
Par Philippe Lesaffre
inondation
picto_1 Crédit : Kelly Sikkema (Unplash)

Cette action en justice avait fait grand bruit. Après avoir lancé une pétition signée par plus de 2,3 millions de personnes, des ONG écolos (Notre affaire à tous, Greenpeace, Oxfam, la fondation Nicolas Hulot) avaient poursuivi l’État pour inaction. Et le tribunal de Paris, en février dernier, l’avait jugé « responsable » de manquements dans la lutte contre le réchauffement climatique. On devrait bientôt savoir si la justice ordonne par ailleurs à l’exécutif de nouvelles mesures pour sauver le climat. Une nouvelle audience est justement prévue à ce sujet le 30 septembre.

En attendant, d’autres collectifs lancent des actions similaires en vue de contraindre les autorités à bouger davantage pour la Terre. Et notamment à des niveaux plus locaux. Depuis plusieurs mois, dans la Drôme, des parents d’élèves se sont engagés dans une lutte juridique à l’encontre du préfet de région, considérant que l’État ne les protège pas assez face aux épisodes de sècheresse, aux pics de chaleurs ou encore aux pollutions multiples. Chacun, individuellement, a porté plainte contre le représentant de l’État, et espère que la justice suive sa demande.

Dans Le Lot aussi, des citoyens, inquiets quant à l’avenir de la planète, tentent de s’organiser, en suivant le modèle des parents drômois. Eux sont 26, ont entre la vingtaine et la soixantaine, et veulent poursuivre en justice, via une plainte collective (mais comprenant des dossiers individuels), le préfet de leur territoire pour inaction et non-respect d’engagements signés, notamment l’Accord de Paris.

Pour Magali J., membre du collectif dans Le Lot, interrogée par Mouvement UP, il s’agit d’une option intéressante. Et ce pour parvenir à sauvegarder la biodiversité et limiter le dérèglement climatique, et notamment les émissions de gaz à effet de serre. Après les périodes de sècheresse, d’incendies et d’inondations meurtrières en Europe cet été, son collectif réclame le droit de « vivre dans un environnement sain« , tout simplement.

Les « risques » du dérèglement climatique

Concrètement, une association, les Lotois.e.s pour la planète, a été lancée pour récolter des fonds et payer les frais de l’avocate Hélène Leleu, la même qui a conseillé les parents d’élèves dans la Drôme. Celle-ci documente actuellement les risques concrets encourus par les citoyens sur ce territoire. Sur la plateforme HelloAsso (sur laquelle on peut faire un don), l’asso en relève un certain nombre. Il y a « les risques d’incendies liés au réchauffement, à la sècheresse, aux modes de gestion des forêts, les risques de pénurie en eau liés à la surconsommation, aux pollutions et au dérèglement climatique, les risques d’insécurité alimentaire liés aux limites du modèle agro-industriel, au dérèglement climatique, à la destruction des sols et de la biodiversité, les risques sanitaires liés aux pollutions atmosphériques ou chimiques, ou encore les risques sanitaires liés à la destruction de la biodiversité, des milieux de vie et à l’élevage industriel, et même des risques sociaux liés à l’instabilité globale découlant des risques précédents ».

Comme nous l’a expliqué Magali J., l’avocate du collectif rédige un recours et devrait sous peu l’envoyer à la préfecture. Celle-ci aura deux mois afin de répondre au courrier. Et, au terme de ces deux mois, les  plaintes individuelles seront déposées auprès du tribunal administratif. Magali en est certaine : la préfecture n’apportera « pas de réponse » au courrier, à l’instar de ce qui s’est passé dans la Drôme.

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