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Catherine Testa : “L’optimisme est une ressource face au sentiment d’impuissance”

Confinés et optimistes ? Et si l’optimisme était une ressource pour traverser la crise ? Catherine Testa, auteure du best-seller "Osez l’optimisme" et créatrice du site d’initiatives positives l’optimisme.com, nous invite à réveiller notre optimisme pour libérer notre pouvoir d’action.
Par Sandra Coutoux
Catherine Tesla
picto_1 Crédit : loptimisme.com

“Prendre conscience de son pouvoir d’action, c’est sortir du pessimisme et de la narration du pire”

Quelle est votre définition de l’optimisme ?

L’optimisme est la condition à toute action et à tout changement sociétal. L’optimiste se pose la question de savoir comment il peut contribuer à construire un monde meilleur. Il choisit de mettre son énergie, ses talents, sa créativité au service d’un projet qui a du sens et qui résonne avec ses valeurs. On a souvent associé l’optimisme à la naïveté, mais, pour moi, l’optimisme est une ressource face au sentiment d’impuissance.

Est-il possible de rester optimistes quand on sent notre monde vaciller ?

Il ne s’agit pas de nier les difficultés que nous traversons. La crise sanitaire, le confinement, la crise économique, les attentats. Oui, notre monde est fragile, instable, complexe. Nous sommes en train de perdre nos repères, et nous n’avons pas appris à faire face à l’incertitude. Nous avons parfois de bonnes raisons d’être en colère, face au réchauffement climatique par exemple, et pour avoir travaillé de longues années dans le secteur du développement durable, j’ai moi aussi expérimenté ce sentiment. Les séries dystopiques et les livres de collapsologie sont en plein essor en ce moment, et participent à construire un imaginaire du pire. Les optimistes choisissent de passer à l’action, car ils se disent qu’ils ont le pouvoir de faire émerger un futur différent.

Nous autoriser à faire ce que nous aimons, remettre la joie au cœur de chacune de nos actions pourra nous aider à prendre soin du monde à venir

Comment vivre au mieux ce nouveau confinement ?

On peut faire, de cette forte expérience collective et individuelle, une expérience apprenante. Qu’est-ce que je peux faire pour être moins stressé ? Comment restés unis dans une société où les repères de la confiance sont brouillés ? Nous n’avons pas été formés à l’incertitude, et si le premier confinement nous a questionnés sur nos valeurs et fait émerger à quel point l’air, le soleil et les autres nous sont essentiels, ce deuxième confinement nous invite à les ancrer en nous en profondeur. Ce sont nos valeurs qui seront notre boussole. C’est le moment de nous réinventer, c’est-à-dire repenser notre rapport au travail par exemple, au temps, à notre entourage. Nous avons tous quelque chose à offrir : un talent, un projet, des connaissances. Prendre conscience de son pouvoir d’action, c’est sortir du pessimisme et de la narration du pire.

Comment prendre soin de son optimisme ?

Je crois beaucoup à la puissance de l’enthousiasme et à sa force de contagion. Cultiver la joie en soi, l’alimenter en faisant des choses qui nous rendent heureux ou échanger avec des personnes inspirantes, tout cela nous remplit d’énergie positive et nous donne envie de nous mettre en mouvement. La joie n’est pas un concept intellectuel, c’est une expérience très incarnée. C’est peut-être simple, mais c’est loin d’être simpliste. Nous autoriser à faire ce que nous aimons, remettre la joie au cœur de chacune de nos actions pourra nous aider à prendre soin du monde à venir.

A lire : Osez l’optimisme et Osez être soi de Catherine Testa

A découvrir : l’optimisme.com