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Automobile : s’engager dans la transition écologique… pour créer de l’emploi

Dans un rapport, la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l'homme et la CFDT veulent démontrer que la France peut aller vers un "objectif 100 % véhicules neufs et zéro émission en 2035", tout en conservant "une industrie automobile sur le territoire national". 
Par Philippe Lesaffre
Voiture électrique
picto_1 Crédit : Mario Gutiérrez / Getty Images

Depuis 10 ans, ce sont 100 000 emplois qui ont été supprimés dans l’ensemble de la filière automobile. Et selon l’Observatoire de la métallurgie, cité par le rapport des deux ONG, il y aurait encore un risque de perte de 100 000 emplois d’ici 2035.

Mais que faire ?  Selon les auteurs, « la politique actuelle de relance, initiée en 2020, ne permettra ni de mettre un terme aux délocalisations, ni de répondre au défi climatique : le cap donné au secteur manque de clarté pour les acteurs sur la sortie des carburants fossiles, trop lointaine, comme sur le rôle de l’hybride dans cette transition ».

En 2020, la part des véhicules électriques et hybrides mis en circulation a dépassé la barre des 10 % sur le marché européen. Et l’industrie automobile européenne entend engager 145 milliards d’euros pour convertir ses gammes d’ici 2025, d’après une étude citée par le rapport.

Or, afin de répondre à l’objectif européen, à savoir la réduction des émissions de GES de 55 % pour 2030, les auteurs du rapport demandent que la France aille plus loin (et vite). Et qu’elle s’engage sur « une transition écologique assumée ». C’est-à-dire : une « accélération du virage vers l’électrique avec un objectif 100 % véhicules neufs zéro émission en 2035 et un cap vers la sobriété de la production et des usages ». Et ce, tout en conservant « une industrie automobile sur le territoire national ».

“Créer les conditions de la relocalisation”

Et les auteurs du rapport de poursuivre : « En s’engageant pleinement dans la transition écologique, la filière automobile peut (re)localiser ses approvisionnements, dynamiser l’activité et créer de l’emploi. » Le rapport estime que l’on peut parvenir « en 2030 (à) produire 2,3 millions de moteurs produits en France, pour 2 millions de véhicules assemblés, et environ 100 GW de production de batteries ». Et ce, pour qu’en 2050, « la filière moteur (puisse) afficher 33 % d’emplois supplémentaires par rapport à un scénario de poursuite des politiques actuelles ».

Pour que ce scénario de « transition juste », que la Fondation Nicolas Hulot et la CFDT appellent de leurs vœux, voit le jour, il convient de « créer les conditions de la relocalisation ». Et « cela passe par un deal engageant les entreprises et le gouvernement, via l’éco-conditionnalité des aides publiques, la mobilisation en faveur du Made in France », notamment. Il faut par ailleurs « accompagner dès maintenant tous les salariés, quel que soit leur statut, pour un accès facilité à la formation et aux dispositifs de conversion. » Car « l’enjeu industriel est là : préparer dès aujourd’hui les compétences pour la filière électromobilité de demain ».

Découvrir le rapport.

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