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Au Congrès mondial de la nature : “On veut rappeler le sort de certaines espèces”

L'UICN organise depuis le 4 septembre son Congrès mondial de la nature. Un rendez-vous visant à alerter sur le déclin de la biodiversité notamment. Mouvement UP a échangé avec un animateur nature de la Ligue pour la Protection des oiseaux, présent sur place pour sensibiliser décideurs politiques et grand public.
Par Philippe Lesaffre
moineau
picto_1 Crédit : Benjamin Lecomte / Unplash

À son Congrès mondial de la nature, à Marseille, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a actualisé la liste rouge des espèces grandement menacées. Cette organisation, qui compte 1 400 membres issus de 165 pays, coordonne les actions de protection de la nature au niveau mondial. Elle réunit autant des agences gouvernementales et des États (selon Maud Lelièvre, à la tête du comité français de l’ONG organisatrice, « 120 sont à jour de cotisation », a-t-elle précisé à 20 Minutes) que des acteurs de la société civile. Soit des ONG, des organisations de peuples autochtones, des instituts scientifiques et universitaires. Parmi elles, des acteurs comme WWF ou encore la Ligue pour la Protection de la nature.

« On y va au titre d’association de protection de l’environnement et de la biodiversité, nous explique Théophile Tusseau, animateur nature à la LPO Anjou (à Angers), sur place pendant quelques jours. On voudrait rappeler aux décideurs politiques le sort de certaines espèces, pas seulement d’oiseaux, qui sont souvent oubliées et qui pourtant disparaissent, petit à petit. Je pense par exemple au putois d’Europe, nous explique-t-il. L’espèce, en préoccupation mineure selon l’Union international pour la conservation de la nature (UICN), est pourtant de plus en plus menacée, indique Théophile. “Or, le classement détermine les moyens et les actions mis en œuvre pour protéger les espèces, ainsi que les financements alloués. »

Des déclins d’espèces tout “près de chez nous”

Un grand rendez-vous utile alors ? « C’est comme les COP, c’est un rassemblement utile, de grandes paroles y sont prononcées, mais l’important c’est que, ensuite, les mesures soient appliquées. Malgré les promesses politiques, on a vu qu’en matière d’environnement et de sauvegarde de la biodiversité, il y a encore beaucoup de boulot. »

À Marseille, Théophile est là aussi pour sensibiliser le grand public sur les enjeux des déclins. Son association a notamment recréé un jardin-refuge pour montrer, notamment à des enfants des écoles primaires des environs, quelles espèces se retrouvent dans ce type d’espaces quand il n’y a pas de traitement chimique. « Le changement climatique est important, mais il faut également sauvegarder la biodiversité en difficulté. On parle beaucoup des espèces comme les ours et les orangs-outans, mais il y a aussi des espèces près de chez nous qui disparaissent comme l’outarde canepetière, le moineau domestique, et certains types de chauve-souris. »

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