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À Paris, des sans-papiers engagés inspirent une fiction

Le film "Voyage en têtes étrangères" s'inspire des militants au sein de collectifs de sans-papiers en région parisienne. Parmi les acteurs de cette fiction, des migrants qui ont participé au scénario du film. Une œuvre participative qui contribue à rendre visible le combat pour l'égalité des droits humains. Trois questions à Antonio Amaral, le réalisateur du film.
Par Sandra Coutoux
picto_1 Crédit : pixabay

“Ces hommes et ces femmes ne demandent pas la charité, juste le droit de vivre et de travailler dignement, en sécurité”

Comment est né votre intérêt pour les collectifs de sans-papiers ?

J’avais en partie déjà abordé le sujet dans un de mes précédents films : D’étoile en étoile. On a beaucoup parlé des collectifs et des mouvements de sans-papiers à la fin des années 90, avec l’occupation de l’église Saint-Bernard par exemple. Depuis, le sujet est peu visible dans les médias. Cela m’intéressait de savoir comment la solidarité s’organise au sein de ces mouvements, comment on devient militant. Durant le confinement, je me suis engagé auprès d’associations en participant à des maraudes dans des camps à Aubervilliers. Cela m’a permis de rencontrer des sans-papiers très engagés. J’ai ensuite suivi leurs actions : la grande manifestation et la marche à travers la France en 2020. J’ai participé à des AG, rencontré des militants associatifs et des sympathisants à la cause des sans-papiers.

Comment avez-vous écrit le scénario ?

Le film est une fiction, pas un documentaire, il s’inspire dans les dialogues de ce que j’ai entendu sur le terrain. Le casting s’est fait naturellement. Les sans-papiers qui jouent dans le film jouent des personnages de fiction, mais les mots qu’ils emploient sont leurs mots. Nous avons travaillé ensemble sur ce projet à partir du réel. Nous avons aussi tourné dans de vraies associations, comme l’association Amélior, qui récupère et revend des objets dans la rue, ou l’association Le sens de l’humus, qui fait la promotion de la permaculture et qui accompagne les sans-papiers.

Qu’est-ce-qui vous a touché dans la cause des sans-papiers ?

C’est de voir la force du collectif, d’observer à quel point la solidarité est une source de résilience, car, individuellement, le chemin a été difficile. Quitter son pays, traverser la Méditerranée pour ensuite arriver jusqu’à Paris, ne pas avoir le droit de travailler, s’exposer à la précarité, vivre dans la peur de la police… c’est une vie difficile. Mais ces hommes et ces femmes ne demandent pas la charité, ils veulent juste avoir le droit de vivre et de travailler dignement, en sécurité.

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