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A Nanterre, une épicerie solidaire pour les familles dans le besoin

En région parisienne, « Mon épicerie locale et solidaire » de Nanterre, gérée par une quarantaine de bénévoles, distribue des vivres à des familles dans le besoin. Une mission importante dans ce contexte de crise sanitaire et sociale.
Par Philippe Lesaffre
Epicerie solidaire Andes Nanterre
picto_1 Crésit : réseau Andes

L’épicerie a ouvert ses portes en 2019, dans cette ville de banlieue parisienne de 95 000 habitants, dont 20 % sont considérés comme pauvres. A l’origine du projet, des organisations locales d’associations d’envergure nationale (le Secours catholique, le Secours populaire, la Croix rouge), ainsi que des structures nanterriennes d’aides sociales (l’association Nahda, Unis Vers Cités et Dir El Kheir), qui se sont rassemblées pour proposer des produits de première nécessité à des familles ayant un toit, mais au budget serré.

« Séparation de couples, pannes de voiture… Des événements et des accidents de la vie surviennent, qui ne leur permettent plus, à un moment, de tout payer et de rembourser leur dette », explique Jean-Yves Quilin, président de l’association gérant l’épicerie, affiliée depuis le début de l’aventure au réseau des épiceries sociales et solidaires Andes (qui fait partie du GROUPE SOS, comme MOUVEMENT UP). Au lendemain de la crise sanitaire, de nombreuses familles, dans le besoin, ont demandé à bénéficier d’une aide alimentaire, note le réseau d’Andes.

A Nanterre, les personnes sont adressées le plus souvent par les travailleurs sociaux de la ville et du département des Hauts-de-Seine. Elles montent des dossiers de candidature, qui sont débattus lors de commissions d’attribution, ayant lieu deux fois par mois.

Accompagner des familles en situation de précarité…

Le but de l’établissement : accompagner 90 familles vivant à Nanterre (et pas dans une autre commune) entre trois et neuf mois, en fonction des besoins. Dans le local, celles-ci viennent remplir leurs paniers de produits secs, de conserves en tout genre, des produits d’hygiène, mais aussi de fruits et légumes moins chers (entre 10 % et 30 % de leur valeur marchande).

L’épicerie peut compter sur les clients des grandes surfaces qui leur donnent quelques vivres lors de collectes aux entrées des magasins, trois fois par an. Les enseignes leur distribuent également des produits qu’elles ne peuvent plus vendre mais qu’on peut encore largement consommer. Elles leur vendent également certains articles. Enfin, l’épicerie se fournit aussi via les circuits courts. Elle frappe à la porte de maraîchers franciliens ainsi qu’au Potager de Marianne, le chantier d’insertion de l’Andes, à Rungis. Les invendus des grossistes y sont récupérés puis livrés dans les épiceries, dont celle de Nanterre.

…et favoriser la mixité sociale

« On a aidé 500 personnes en tout depuis l’ouverture », explique-t-on du côté de l’épicerie. Durant la crise sanitaire, en compagnie de l’association de l’Atelier du possible, l’épicerie a distribué des masques, qui manquaient au plus fort de la crise. Les familles aidées et les bénévoles de l’épicerie en ont bénéficié, mais pas seulement. « On a pu en donner à des mineurs isolés, des migrants encore sans droits établis, par exemple », note Jean-Yves Quilin.

Voilà l’idée : mélanger les publics et favoriser la mixité sociale. Pour y parvenir, les bénévoles organisent, outre la distribution de nourritures, des ateliers de lecture et de cuisine, aussi, au cours desquels les participants se partagent des recettes venant d’ici, ou d’ailleurs. Certaines personnes, logées dans des hôtels, sans cuisine, peuvent également venir préparer leurs plats et ainsi avoir des repas chauds, régulièrement.

Depuis peu, les bénévoles ont démarré un potager sur leur terrain cultivable de 400 m². « Et quand des personnes cultivent des produits de saison, il n’y a aucune différence entre elles, d’où qu’elles viennent… » Des légumes qui finiront leur course sur les étals de l’épicerie.

 

Appel à candidature

Le réseau Andes, rassemblant plus de 380 structures, a lancé en mai 2020 une levée de fonds d’un million d’euros. L’objectif : soutenir les structures mobilisées durant la crise du Covid-19 et soutenir la création d’une centaine de nouveaux établissements solidaires en France.  Un appel à candidature a ainsi été lancé. Les collectivités, les associations ou les collectifs de citoyens peuvent déposer leur candidature ici. Les porteurs de projet sélectionnés pourront ainsi bénéficier d’un accompagnement à la création par les équipes du réseau et du financement d’une partie des premiers investissements nécessaires à l’ouverture de l’épicerie.