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Comment vous reconvertir dans l’agriculture ?

Le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume vient d'appeler les Français sans activité à aider les agriculteurs dans les champs durant la crise du Coronavirus. Un appel qui souligne l'importance vitale du travail des agriculteurs. Et si demain vous décidiez de devenir maraîcher bio ou éleveur ? Voici quelques pistes pour méditer sur une éventuelle reconversion.
Par Sandra Coutoux
3 conseils pour se reconvertir dans l'agriculture
picto_1 Comment vous reconvertir dans l'agriculture ?

Les citoyens sont appelés à aider les agriculteurs dans les champs via la plateforme desbraspourtonassiette, pour faire face à la pénurie de main-d’oeuvre dans le secteur agricole. En pleine crise du Coronavirus, la fermeture des frontières empêche de nombreux ouvriers étrangers de participer aux récoltes. Les professionnels sont invités à publier les missions qu’ils offrent et les citoyens à proposer leurs compétences. Pour subvenir aux besoins alimentaires de sa population, la France espère mobiliser via ces missions rémunérées, ceux qui ne peuvent plus travailler depuis le confinement : serveurs, coiffeurs, restaurateurs…. La crise met en lumière l’importance vitale du rôle des agriculteurs. Et si demain vous décidiez de vous reconvertir pour redonner du sens à votre travail ? Certains l’ont déjà fait !

L’agriculture, un secteur essentiel

« C’est un projet qui a été bien réfléchi avec mon compagnon. Le déclic est arrivé quand on a eu envie d’avoir un enfant. » raconte Elsa Jirou. Cette ancienne journaliste parisienne fait partie de ces néo-ruraux qui à l’aube de la trentaine a décidé de changer de vie pour remettre du sens dans son existence. « Quoi de plus utile que d’offrir une nourriture saine aux gens ? », estime-t-elle. Elle gère aujourd’hui, dans un petit village de l’Eure, en Normandie, la Ferme des gobettes, une ferme de maraîchage bio. Elle vend des paniers de légumes à une trentaine de clients chaque semaine et collabore avec des magasins et restaurants locaux. Pour en arriver là, tout un cheminement a été nécessaire : reprendre des études, acheter une maison et un terrain, construire une serre…

N’hésitez pas à écouter le témoignage d’Elsa Jirou aux côtés de nos autres invités, Xavier de Mazenod, créateur de l’Ecloserie numérique, un tiers-lieu rural situé à Boitron dans l’Orne, et Cédric Szabo, directeur de l’Association des maires ruraux de France.

 

L’appel de la terre vous fait envie ? Vous aimeriez changer de vie et vous lancer vous aussi dans l’agriculture bio ? Voici quelques pistes pour vous aider à concrétiser votre projet.

Comment se former ?

– Vous avez besoin de connaître les bases de l’agriculture biologique ? Un mooc sur l’agriculture bio répond à vos questions. Cette formation en ligne s’adresse à un large public : novice ou averti, étudiant, salarié ou agriculteur… 8 experts issus de la recherche, de l’enseignement et du développement vous proposent de vous accompagner pendant 8 semaines.

-Pour devenir agriculteur, plusieurs possibilités s’offrent à vous. Mais pour démarrer, vous pouvez commencer par suivre une formation pour obtenir un BEPA (brevet d’aptitude professionnelle agricole). Le niveau 3ème ou CAP est suffisant pour être admis. La formation dure deux ans en lycée agricole ou en MER (maison familiale rurale). Les chambres d’agriculture peuvent vous renseigner. Si vous êtes en reconversion, un financement est possible via le dispositif du droit individuel à la formation (DIF).

-L’association Fermes d’Avenir est un organisme de formation agréé et inscrit sur la plateforme Kairos de Pôle Emploi. De nombreuses formations sont éligibles au financement Vivéa, proposées aux porteurs de projet pas encore installés. Toutes les formations de plus de 3 jours peuvent être financées par Pôle Emploi ou par un OPCA. Vous pouvez notamment vous former à la permaculture durant 12 jours. Découvrez le catalogue des formations ici.

Où s’installer ?

Certains départements proposent des aides à l’installation et un dispositif personnalisé pour vous aider à reprendre une exploitation agricole. C’est le cas du Cantal, département rural situé dans le massif central. Le département organise chaque année des « sessions d’accueil d’actifs« , trois jours pour vous faire visiter des fermes, découvrir le territoire. Une fois par an, une vingtaine de porteurs de projet sont sélectionnés sur dossier puis invités à venir découvrir le département. Les frais d’hébergement et de transports sont pris en charge. « Pendant trois jours, ils rencontrent tous les interlocuteurs dont ils ont besoin pour s’installer : conseillers en création d’entreprise, notaires, avocats, Pôle Emploi, offices HLM. Cela leur permet de gagner entre 6 mois et un an », précise Gérard Vigier, responsable du dispositif à la chambre d’agriculture du Cantal.

Quelles structures pour vous aider ?

Vous êtes débutant, en reconversion professionnelle et avez besoin d’être épaulé dans votre projet ? Terre de Liens vous offre un accompagnement gratuit et personnalisé. L’association accompagne des porteurs de projet prêts à s’engager dans l’agriculture bio. Depuis 20 ans, l’association achète des terres agricoles et des fermes sur l’ensemble du territoire français afin de proposer des baux ruraux à des exploitants qui s’engagent à cultiver en bio. Il faut compter en moyenne deux ans pour finaliser une installation. L’association reçoit jusqu’à 1 500 demandes par an. Pour en savoir plus sur le processus, c’est par ici.

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