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20 ans après l’Erika, quel impact sur la biodiversité ?

La marée noire causée par le naufrage de l’Erika, au large des côtes bretonnes, en décembre 1999, est considérée comme la plus grande catastrophe ornithologique en France. 20 ans après, certaines espèces d’oiseaux restent impactées par ce drame écologique.
Par Sandra Coutoux
photo canard

Le 12 décembre 1999, le pétrolier maltais Erika, affrété par la société Total, se brise en deux et déverse 20 000 tonnes de fioul au large du Finistère, avant de sombrer. La marée noire impacte près de 400 km de littoral sur la façade atlantique et les oiseaux marins sont les premières victimes de la pollution. Selon les estimations de La Ligue de Protection des oiseaux (LPO), près de 150 000 oiseaux n’ont pas survécu aux dégâts causés par le pétrole. L’association a identifié 74 000 oiseaux mazoutés de décembre 1999 à mars 2001. “36 000 oiseaux ont été recueillis vivants. 20 % d’entre eux ont pu être soigné, mais seuls 2 200 ont pu être relâché en bonne santé“, explique Anne-Laure Dugué, responsable d’équipe « Médiation faune sauvage » à la LPO.

20 ans après, des espèces d’oiseaux toujours menacées

65 espèces d’oiseaux marins et de littoral ont été victimes de la pollution générée par le naufrage de l’Erika. Le Guillemot de Troïl a été l’oiseau de plus touché (80 % des oiseaux retrouvés mazoutés faisaient partie de cette espèce). De nombreux petits n’ont pas survécu à la marée noire. Les adultes ayant été moins impactés, l’espèce a réussi à se renouveler au cours des années. Ce n’est pas le cas, pour l’Eider à duvet. L’espèce comptait 24 couples en 1999 sur la façade atlantique. En 2013, la Ligue de Protection n’en a recensé que 4.

Une victoire : la reconnaissance du préjudice écologique

La biodiversité marine a été ébranlée par la marée noire causée par le pétrolier Erika, mais le combat juridique qui en a découlé a aussi abouti à une victoire : la reconnaissance du préjudice écologique. “L’enjeu majeur pour la LPO a été de faire admettre la reconnaissance du vivant non commercial“, précise Anne-Laure Dugué. Près de 10 ans après la catastrophe, en 2008, le Tribunal correctionnel de Paris donne raison à la LPO. Sa décision est confirmée en appel en 2010, puis par la Cour de cassation en 2012. Ce principe est inscrit dans la loi biodiversité depuis le 8 août 2016. Toute personne responsable d’un préjudice écologique est aujourd’hui tenue de le réparer.

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